Pour mesurer leurs impacts des nanoparticules sur notre santé, l'Anses, l'agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire, a testé une méthode innovante qui a permis d'identifier les premiers risques liés à l'usage du dioxyde de titane (TiO2), un additif très présent dans les gâteaux et les sucreries. Les industriels, de leur côté, restent flous sur l'utilisation de ces additifs dans leurs produits.« Nous savions que nous étions susceptibles de trouver des nanoparticules, mais nous avons été surpris de l'ampleur. » C'est la constatation d'Avicenn, l'association de veille et d'information civique sur les enjeux des nanosciences et nanotechnologies, après avoir passer au crible 23 produits de notre consommation courante allant du jambon cru d'Aoste au médicament anti-coagulant de Bayer en passant par une brosse à dent Signal. Résultat : 20 produits sur 23 contiennent des nanoparticules en quantité variable.
Si la présence des nanoparticules dans notre quotidien n'est pas nouvelle, son risque pour la santé est, pour l'heure, incertain. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) finalise actuellement une méthodologie nanospécifique qui a pour but d'évaluer l'impact de ces particules, présentes dans « plus de 4.000 produits alimentaires », sur notre organisme. Les premiers tests grandeur nature ont été pratiqués sur le dioxyde de titane ou E171, un colorant alimentaire blanc très répandu dans les sucreries et les gâteaux. Un lien entre cette nanoparticule et un dysfonctionnement de l'intestin et du foie est possible.
La France comme une des pionnière dans la mesure de nanoparticules
L'Anses travaille sur cette méthodologie de mesure depuis 5 ans maintenant. Après une première étude des nanoparticules existantes ainsi que leur présence dans les aliments, l'agence a évalué les propriétés physiques de ces éléments. « Les nanoparticules se comportent différemment des autres substances. Du fait de leur taille, elles sont susceptibles de passer des barrières biologiques comme celles de l'intestin et de s'accumuler dans différents organes », explique Bruno Teste, coordinateur de l'expertise et chargé de projets scientifiques au sein de l'unité d'évaluation des risques liés aux aliments de l'Anses.
Cette dernière étape consistait à la mise en œuvre de la méthode en conditions réelles sur le dioxyde de titane (TiO2), la nanoparticule la plus connue du monde scientifique. Les résultats montrent que cet outil développé par l'Anses fonctionne dans la prise de mesure et qu'une approche nanospécifique est nécessaire pour évaluer correctement les risques. Une avancée à harmoniser avec l'Autorité européenne de sécurité des clients (Efsa) qui a développé sa propre méthode de son côté. L'objectif final : proposer un guide qui évalue les risques des nanoparticules pour notre santé.