Papeterie Chapelle Darblay : comment sauver cette entreprise de l'économie circulaire?
Nathalie Jourdan
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L'usine presque centenaire de la Chapelle Darblay a été mise en vente par le papetier finlandais UPM. Il démantèlera les machines en juin prochain si aucun acquéreur ne se présente.
Reuters
La fermeture définitive de cette usine étendard de l’économie circulaire - la seule en France capable de fabriquer du papier journal 100% recyclé - déséquilibrerait durablement la filière du recyclage et serait vécue comme un coup de canif dans les promesses de transition. Un rapport parlementaire dont La Tribune s’est procuré un exemplaire le confirmera dans quelques jours. L’avenir de ce site de la banlieue rouennaise n’en reste pas moins incertain.
« Les pouvoirs publics ont une responsabilité politique à préserver un établissement qui endosse une responsabilité sociale et environnementale exemplaire. » Cet extrait du rapport sur le recyclage du papier, que l'Assemblée Nationale devrait rendre public prochainement, dit bien la pression qui s'exerce sur le gouvernement à six mois de l'échéance qui pourrait être fatale à la papeterie presque centenaire de la Chapelle Darblay.
Fermée depuis cet été au prix de plus de 200 licenciements, l'usine a jusqu'au mois de juin pour trouver un repreneur sur décision de son propriétaire, le papetier finlandais UPM, qui l'a mis en vente. A défaut, le groupe procédera au démantèlement des machines. L'éventualité donne des sueurs froides jusqu'à Bercy où l'on redoute de voir disparaître cet outil unique en son genre, présenté - à raison - comme un modèle d'économie circulaire.
Un tiers du gisement de papier recyclé
Idéalement situé en bord de Seine, adossé à une chaudière biomasse, le site dispose en effet d'installations capables de transformer annuellement 350.000 tonnes de vieux journaux, de magazines et de prospectus publicitaires provenant de vingt millions de foyers. Soit le tiers du gisement de papier collecté par les entreprises et les collectivités !
La France croulant déjà sous des excédents (1,6 million de tonnes) qu'elle peine à exporter, la fermeture définitive de la Chapelle Darblay ébranlerait une filière déjà fragilisée, met en garde la députée de l'Isère Camille Gailliard Minier, rapporteure du texte rédigé sous l'égide de la commission du Développement durable et de l'aménagement du territoire.
Problème, et il est de taille. L'usine s'est vue privée d'une bonne partie de ses débouchés commerciaux traditionnels du fait de la digitalisation. La seule consommation de papier journal a chuté depuis près de 40% entre 2007 et 2018. Dans ces conditions, il semble acquis que l'avenir du site ne pourra passer que par une réorientation vers des activités plus porteuses, ce que défend d'ailleurs l'intersyndicale.
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