Si Toulouse est the place to be pour l'aéronautique, la commune de Caussade dans le Tarn-et-Garonne est son équivalent pour l'industrie du chapeau. Ou du moins elle l'était. Si à l'approche de la ville, les chaussées sont décorées de panneaux d'informations faisant référence à ce passif glorieux durant lequel la ville comptait plusieurs dizaines de chapeliers, aujourd'hui ce n'est plus le cas. « Caussade, c'est la cité du chapeau. Il y a eu ici jusqu'à 100 chapeliers. Maintenant, nous ne sommes plus que trois », contextualise Benoit Besnault, le repreneur du chapelier Crambes. Cette maison, fondée en 1946, aurait pu faire partie des chapeliers rayés de la carte. « L'entreprise perdait de l'argent depuis une dizaine d'années », révèle le nouveau dirigeant, qui a racheté l'entreprise, avec sa femme, Catherine Vanpouille, auprès du petit-fils du fondateur.
Malgré ce changement de gouvernance en 2019, l'entreprise Crambes n'oublie pas son histoire. Après avoir traversé une petite cour, celle-ci amène à une partie du bâtiment où sont entreposées des centaines de moules de chapeaux, en sachant qu'un seul modèle a plusieurs moules (chacun associé à une taille). Malgré leur poids imposant, qui peut sembler faire partie des techniques de production d'un autre temps, ces objets sont toujours au goût du jour. « Il nous arrive régulièrement d'en utiliser certains encore aujourd'hui », ajoute avec un brin de fierté Benoit Besnault. Cette intention est certainement le symbole du renouveau des chapeaux Crambes.