« Afruibana » : la filière fruiticole s'organise pour mieux accéder au marché de l'UE
Khadim Mbaye
Khadim Mbaye
Concurrence rude, un label qui se dégrade, augmentation des droits de douane,... Les difficultés d'exportation du fruit africain, notamment la banane, sont nombreuses et les producteurs se voient souvent obligés de jeter une bonne partie de leur récolte. Pour renverser cette tendance, des producteurs et explorateurs de fruits africains ont officiellement lancé ce mercredi 19 juillet à Bruxelles une nouvelle plateforme appelée Afruibana.
L'association de droit camerounais regroupe plusieurs producteurs et exportateurs déjà affiliés. Ils sont soit membres de l'Association bananière du Cameroun (Assobacam) soit de l'Organisation des producteurs-exportateurs de bananes, d'ananas, de mangues de Côte d'Ivoire (Obamci), entre autres regroupements.
La mission première de la plateforme consistera à ouvrir davantage le marché européen aux producteurs et exportateurs africains, principal débouché pour de nombreux fruits africains, notamment la banane comme le confirme le vice-président d'Afruibana, Jean-Marie Kacou Gervais, selon qui « plusieurs échéances au niveau européen revêtent une importance stratégique pour les producteurs africains ».
L'association qui a son siège à Douala, la capitale du Cameroun, a une représentation à Bruxelles auprès des institutions européennes. A Bruxelles, l'Afruibana servira d'interface entre les producteurs du secteur et les différentes institutions européennes afin de faciliter les programmes de financements et d'aides à destination des producteurs de fruits africains.
Dans de nombreux pays africains notamment en Côte d'Ivoire et au Cameroun, l'importance de la filière banane, tant sur le plan économique que social n'est plus à démontrer. Elle est à la fois source de revenus et de stabilité. En termes de revenus, rien que pour la Côte d'Ivoire, premier producteur de banane en Afrique depuis 2016, la filière génère chaque année 100 milliards de Fcfa et crée plus de 50 000 emplois dont 15 000 directs. Avec une production de 280 000 tonnes l'année dernière, la première puissance économique ouest-africaine veut passer sa production de banane à 500 000 tonnes en 2019.
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Même constat ou presque au Cameroun où le secteur agricole est également la principale source d'emplois et de revenus dans le rural. Le secteur agricole représente plus de 60% de l'économie du pays. L'association ambitionne désormais de «porter la voix des producteurs de fruits africains auprès des institutions internationales dans le cadre de la négociation des échanges bilatéraux et multilatéraux».
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