Les viticulteurs de Mont Tauch vont nouer un accord inédit avec Grands Chais de France
Marie Corbel
Marie Corbel
C'est une réunion qui marquera un virage important dans l'histoire de la coopérative de Mont Tauch (Tuchan, 11) et un accord inédit dans la filière. Le lundi 26 juin 2017, en assemblée générale, les 135 viticulteurs des Hautes Corbières ont choisi parmi trois options celles qui devait garantir la pérennité de leur structure pour les dix prochaines années, au moins.
L'enjeu n'est pas mince : la cave coopérative avait été placée en redressement judiciaire en 2013 et, à la fin des prochaines vendanges, la totalité des adhérents doit se prononcer sur le renouvellement de leur engagement à la structure coopérative pour les années à venir. Et les tentations d'aller voir ailleurs ne sont pas fictives.
Les adhérents de la cave de Mont Tauch ont donc été appelés à prendre une décision stratégique.
C'est « la solution Grands Chais » qui a été préférée aux scenarios privilégiant le maintien d'une activité d'embouteillage et l'autonomie en matière de commercialisation.
Les trois quarts de la production de la coopérative (qui s'élève à 40 000 hl) sont concernés par cet accord d'exclusivité qui s'étend sur neuf ans.
Selon une source interne, l'un des prix proposé par Grands Chais de France avoisinerait les 150 €/ hl pour l'une des catégories de vin et dans tous les cas, « les prix du négociant ne sont jamais inférieurs aux mercuriales », nous précise-t-on.
L'ensemble de la production de la cave coopérative est concerné par cet accord, avec des prix spécifiques pour chaque produit. Il s'agit essentiellement d'AOP Fitou (environ 30 000 hl-32 000 hl) et d'AOP Corbières. Une part mineure des volumes de la cave est destinée à l'AOP Muscat de Rivesaltes et seuls 2 500 hl de vins sont produits en IGP (ex vins de Pays).
Acteur majeur de l'AOP Fitou, la cave fournit environ 40 % des volumes de l'appellation. Dans ce contexte, certains protagonistes de la filière craignent que cet accord initie une dévalorisation de l'AOP Fitou.
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Du côté de l'appellation Fitou, l'inquiétude n'est pas palpable.
Le contrat qui liera la structure coopérative au négociant laisse le champ libre aux producteurs pour valoriser leur vin en bouteille. Il s'agirait de volumes avoisinant les 2 000 - 3 000 hl.
La méthode va néanmoins évoluer : l'embouteillage ne se fera plus avec l'outil de la coopérative mais via un prestataire externe.
Le contrat initial de 9 ans qui doit être conclu avec Grands Chais de France a vocation à être renouvelé car « le but est de pérenniser ce partenariat », précise Vincent Llasera.
Rare dans la filière, cet accord contractuel inquiète néanmoins certains professionnels :
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Pour l'heure, le groupe Grands Chais de France n'est pas encore en situation de monopole puisque d'autres metteurs en marché se côtoient sur ce territoire de l'AOP Fitou, notamment Vinadeis et Advini.
Marie Corbel
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