Un mois après l’incendie dévastateur des Corbières, un élan collectif de solidarité se porte au secours des viticulteurs et agriculteurs audois pour tenter d’assurer un avenir à leurs exploitations sinistrées.Après l'incendie qui a ravagé début août plus de 16 000 hectares dans le massif des Corbières, un vent de solidarité s'est aussitôt levé pour venir au secours des sinistrés. Parmi ces derniers, beaucoup de viticulteurs avec quelque 1 700 hectares décimés, et cela à quinze jours du début des traditionnelles vendanges.
«Tout a brûlé : les six hectares de vignes mais aussi les deux hectares d'oliviers ainsi que deux hectares de chênes truffiers», lâche Laurent Bachevillier, à la tête du domaine Les Cascades à Ribaute avec sa compagne Sylvie, là même où le feu a pris le 5 août dernier.Rien ne repoussera. Il faudra replanter au printemps prochain avec des vignes sur pied pour gagner du temps. Nous commencerons par deux ou trois hectares, mais avec des cépages et des techniques différents, davantage adaptés à la sécheresse. »
Si le couple, installé depuis 2010, a pris la décision de ne pas arrêter son activité, une année sans récolte mettrait pourtant en péril son équilibre économique dans trois ans, au moment de la commercialisation du millésime 2025.
Des cagnottes
A défaut de récolter ses propres vignes, Laurent Bachevillier est donc allé vendanger à quelques kilomètres de chez lui, à La Palme, chez Marc Costa du domaine Mamaruta : « Nous avons pu ramasser gratuitement 750 kg de syrah. Dans le Minervois, le domaine Babio nous a aussi donné du cinsault et des vignerons se sont fédérés pour nous fournir du grenache et du syrah. Cyril Codina, de la vinaigrerie Codina à Lagrasse, nous donne une parcelle de mourvèdre », salue-t-il. Auprès d'autres vignerons, le vigneron audois a pu acheter du raisin à prix coûtant ou se faire prêter du matériel.
« Tout cela va nous permettre de réaliser une récolte "correcte" qui devrait nous permettre de tenir l'année n+3», espère-t-il, tablant sur 10 000 à 15 000 bouteilles, soit près de la moitié d'une année moyenne.