Assises de l'économie de la mer : l'habitat flottant encore dans le flou
Anthony Rey

Les 2 prototypes dévoilés en novembre à Gruissan
Alliance Plaisance
Anthony Rey

Les 2 prototypes dévoilés en novembre à Gruissan
Alliance Plaisance
La ville de Gruissan (11) a levé le voile, le 26 novembre, sur deux prototypes d'hébergements flottants de loisirs, baptisés "lodge boats" - les premiers du genre amarrés dans un port de plaisance. Commercialisés par l'entreprise sétoise Alliance Plaisance, qui ambitionne de porter son offre à 34 lodge boats à l'été 2020 pour des séjours touristiques de quelques jours, ces nouveaux produits sont emblématiques d'une filière française en pleine émergence, sur laquelle sont revenues les Assises de l'économie de la Mer, qui se concluaient à Montpellier le 4 décembre.
Premier constat : la dénomination des produits n'est pas uniforme, et répond à des philosophies commerciales parfois très éloignées les unes des autres. La société aveyronnaise Carré de Vie développe des "espaces de vie" de 25 à 64 m2, qui peuvent être installés sur l'eau ou sur le domaine maritime. "Ce sont des hébergements flottants, qui peuvent être utilisés dans une optique touristique ou bien pour aménager des espaces de travail ou des annexes dans des ports. Ils font appel à un savoir-faire de chantier naval, plus que de promoteurs. Le point commun est qu'ils sont conçus en faisant attention à la nature environnante, avec par exemple des nichoirs pour les poissons dans les flotteurs", décrit Jacques Pierrejean, fondateur de l'entreprise.
Parmi les freins identifiés figure en premier lieu l'absence de réglementation adaptée à ces produits : ce vide juridique peut notamment dissuader les collectivités territoriales d'appuyer ou lancer le développement de projets d'habitats flottants. "Nous sommes un bureau d'études de construction navale, qui a développé des produits d'habitat permanent ou de loisirs : nous avons mené un véritable combat administratif pour mettre en place, depuis 2011, nos 19 projets aujourd'hui en phase d'exploitation. La loi devra forcément définir deux normes différentes selon ces deux destinations", analyse Anthony Jeanne, DG de l'entreprise bretonne Aquashell.
En Occitanie, le Parlement de la Mer a fait de l'habitat flottant un de ses axes de travail, en facilitant la création de zones d'expérimentation sur son littoral. Du côté des entreprises régionales, Grand Large Yachting (La Grande Motte, 34) développe sous la marque "Aqualodge" des structures d'hôtellerie flottantes haut de gamme, à la commande. "Nous avons lancé une structure de ce type en Guadeloupe en 2015, où il s'agit de reproduire l'expérience de vie sur un bateau, en parfaite autonomie. C'est un lieu doté de panneaux solaires, de systèmes de désalinisation et de traitement des eaux noires et grises, afin de réduire l'impact sur de tels endroits paradisiaques. Il est important de faire passer le message à l'usager qu'il doit être responsable de ce qu'il consomme et produit, sans aller au-delà", juge Xavier Desmarest, fondateur du groupe héraultais.
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Le Comité interministériel de la mer (Cimer) a validé, en septembre dernier, une première liste de zones propices à la création d'habitats flottants. Le travail législatif, pour mieux encadrer les développements de la filière évoqués sur cette table-ronde, est en cours.
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Anthony Rey
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