Les ambitions africaines du port d'Anvers

Marie-France Réveillard
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Le 31 décembre 2016, à l'heure de la retraite, Eddy Bruyninckx, l'ancien Directeur Général laisse un bilan prometteur. Le port d'Anvers termine l'année avec 214,4 millions de tonnes de marchandises traitées. Quelques mois après son départ, la croissance se confirme et le port enregistre une activité de plus de 54 millions de tonnes, au premier trimestre 2017. Cette croissance repose essentiellement sur le trafic des conteneurs (+4,1%) qui franchit le cap des 10 millions d'Equivalents Vingt Pieds (EVP : unité de mesure des conteneurs) et sur le vrac liquide (+4,5%). Parallèlement, le vrac sec et le fret conventionnel connaissent une baisse respective de 9,8% et 2,4%. En termes d'emploi, le port d'Anvers représente 61.226 employés (ETP : équivalent temps plein), soit plus de 50% des 116.140 employés des ports belges, selon la Banque nationale (2015). L'activité économique directe et indirecte du port d'Anvers représente à ce jour, 15% du PIB belge.
Simultanément, la croissance maritime africaine poursuit un rythme de croisière de 7% depuis près d'une décennie et séduit toujours plus d'investisseurs étrangers. Le continent a attiré 50 milliards d'investissement dans des projets de terminaux entre 2007 et 2017. Si l'Afrique ne représente que 5% du trafic maritime international et à peine 2% du trafic des conteneurs, le secteur a quadruplé en dix ans, accompagnant le rythme de la croissance économique continentale. Les échanges avec l'Amérique du sud et avec l'Asie - en particulier avec la Chine - ont favorisé cet essor. Entre 2000 et 2014, les volumes échangés ont été multipliés par 14. Le continent rattrape son retard logistique et le Port of Antwerp International (PAI) - la filiale d'investissement de l'autorité portuaire d'Anvers - multiplie les initiatives pour renforcer sa présence sur le continent.
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En signant un accord avec le Port de San Pedro le 1er septembre 2016, en présence du ministre flamand de la mobilité, Ben Weyts, le port d'Anvers a réalisé son premier investissement stratégique en Afrique de l'Ouest. Alors que les exportations de l' « or brun » ont connu une croissance de 10,4% entre 2014 et 2015 - selon les statistiques douanières de Côte d'Ivoire - la Belgique validait un partenariat avec le premier port d'exportation de cacao au monde. San Pedro dispose alors d'une capacité de traitement limitée à 4,9 millions de tonnes. Il cherche à se développer en s'appuyant sur sa proximité avec les plantations de cacao et les mines, mais aussi en optimisant son potentiel frontalier avec la Guinée, le Mali et le Libéria voisins. Dans cet objectif, le port ivoirien a développé un plan d'investissement de d'1.445 milliards d'euros : « Nous sommes un port en pleine construction, l'objectif pour nous, c'est de présenter à l'horizon 2035, un port nouveau avec des infrastructures nouvelles qui devraient permettre d'arriver à 70 millions de tonnes de trafic », déclare Guy Hiba, conseiller spécial du Directeur général du port autonome de San-Pedro (PASP), en septembre 2016 à Ivoirematin.Dans cette stratégie de restructuration globale, le renouvellement de l'accord de partenariat signé en 2011, pour une durée de 5 années supplémentaires, entre le PAI et le port de San Pedro prévoit la construction d'une plate-forme logistique de 2 terminaux polyvalents et l'extension du terminal containers. Une zone industrielle de 150 hectares ainsi qu'un entrepôt consacré aux minéraux devraient voir le jour d'ici la fin de l'été. Toutefois, l'instabilité qui règne au niveau régional pourrait venir perturber le calendrier des travaux, comme en témoignent les récents tirs militaires qui ont paralysés le port, le 15 mai dernier. Le PAI, associé à la société belge Sea-Invest - spécialisée dans l'exploitation des terminaux - a investi 35% des 6 millions d'euros requis pour la construction de la plate-forme logistique. Cet accord doit permettre le renforcement du port dans le traitement des engrais, du cacao et des noix de cajou. Il comprend par ailleurs, une clause consacrée au développement des partenariats techniques et à l'organisation de séminaires de formation destinés au personnel ivoirien, avec le concours de l'APEC.
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