150 millions franco-chinois pour soutenir les PME
Christine Lejoux
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Lentement mais sûrement. Tel semble être l'adage des gouvernements français et chinois, qui réfléchissaient depuis trois ans à la création d'un fonds d'investissement dédié aux PME de l'Hexagone et de l'empire du Milieu. Ce projet vient de voir le jour, avec le lancement, ce mois-ci, d'un fonds de capital-développement de 150 millions d'euros, abondé à parité par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l'État, et son homologue chinois, China Development Bank (CDB).Sur le front des modalités, il s'agit d'un fonds commun de placement à risque (FCPR) de droit français, dont la gestion a été confiée à la so-ciété d'investissement franco-chinoise Cathay Capital. Ce FCPR investira à parts égales dans des sociétés françaises et chinoises à « fort potentiel de croissance » et réalisant un CA de 10 à 200 millions d'euros, précisent la CDC et CDB.
Plus précisément, ce fonds aura pour vocation de favoriser l'accès des PME françaises à cet énorme relais de croissance que représente la Chine. Parallèlement, il facilitera les relations des PME chinoises avec des marques françaises. « Le fonds vient de réaliser ses deux premiers investissements, dont un ticket de 10 millions d'euros dans FDS, une société française spécialisée dans les joints d'étanchéité pour les industries pétrolière et gazière, et dont le chiffre d'affaires s'élève à 160 millions d'euros. La présence du fonds dans le capital de FDS lui facilitera l'ouverture des marchés chinois du pétrole et du nucléaire », témoigne Édouard Moinet, associé chez Cathay Capital. Le deuxième investissement, d'un montant de 15 millions d'euros, concerne Kids Land, un distributeur chinois de jouets, qui espère disposer ainsi d'un accès plus aisé aux fabricants français.
Il ne s'agit là que d'un début, « l'objectif étant d'effectuer quatre à cinq investissements par an, afin d'investir la totalité du fonds en trois ou quatre ans », indique Édouard Moinet. Ce ne sont pas les opportunités qui devraient manquer.
Christine Lejoux
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