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Logement social : "viens chez moi, j'habite avec une copine !"

Jean-Pierre Gonguet

Publié le 14 janvier 2013 à 15:18 - Mis à jour le 14 janvier 2013 à 15:38

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Face à la forte demande d'appartements de la part des jeunes en Île-de-France et dans les grandes métropoles, les professionnels remettent la colocation au goût du jour. Nouveauté : les bailleurs publics s'y mettent. Enfin !

« La question centrale, c'est celle du logement. » Lorsque mi-décembre, à la Mutualité, Bertrand Delanoë lance cette affirmation aux maires franciliens regroupés dans Paris Métropole, tous sont d'accord avec lui. De même, tout le monde acquiesce lorsque le président de la Région, Jean-Paul Huchon, explique que la priorité c'est, métropole francilienne ou pas métropole, la création d'une Autorité organisatrice du logement en Île-de-France. Personne ne le contredit, mais rien ne se fait. Comme, de plus, la pensée gouvernementale est encore floue sur la question, il est possible que rien ne se fasse non plus en 2013 : la loi-cadre de Cécile Duflot supposée « permettre l'accès au logement pour tous » n'est pas prévue pour examen au Parlement, si tout se passe bien, avant l'automne.
En attendant, les zones où la question du logement reste « tendue » - Île-de-France et Paris en tête - vivent une crise terrible où les moins de 30 ans sont les plus touchés. François Hollande s'est engagé à ce que 500.000 nouveaux logements soient construits chaque année. En 2012, il n'y en a eu que 340.000 et, en 2013, le chiffre devrait à peine passer la barre des 300.000. Et même si quelques décisions sont prises à la fin de l'année, 2014 sera mauvais. Il va donc falloir être imaginatif. Et, surtout, très réactif.
D'autant que ni les syndicats, ni le patronat ne cherchent à appliquer l'accord conclu sur le logement et l'emploi des jeunes. Sur ces deux thèmes, un accord national interprofessionnel (ANI) a en effet été signé le 29 avril 2011. Une dizaine de mesures autour du constat que « les difficultés de logement peuvent entraver fortement l'accès à l'emploi et la mobilité professionnelle. Elles pénalisent en premier lieu les jeunes, et ce dès les périodes de formation en alternance ».Bonne idée. Les partenaires sociaux, administrateurs du 1% logement, auraient donc dû, logiquement, demander à leurs représentants d'appliquer le texte. Début 2013, toujours rien de fait. Sauf bien sûr, une réunion de suivi de l'accord, organisée en 2012, qui a constaté que rien n'avait été fait. Et qui en a programmé une nouvelle qui fera le même constat en 2013... Cet ANI était pourtant parti sur de bonnes bases car, pour la première fois probablement, était fait le lien emploi-logement chez les jeunes. « Ce n'est pas la peine de faire une campagne électorale avec comme priorité l'emploi des jeunes et le contrat de génération, si l'on ne comprend pas que là où sont les éventuels emplois il n'y a pas de logements pour les jeunes », s'étonne un responsable socialiste proche de François Hollande.
Le Credoc, qui a souvent travaillé sur le lien emploi-logement, essentiellement à la demande du Medef, a constaté que sur les 4,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi mi 2011, 500.000 avaient déjà refusé une offre à cause de l'impossibilité de trouver un logement en adéquation avec l'emploi. Dans la foulée, le Credoc a montré que 70% des actifs refuseraient une opportunité professionnelle « si cela les obligeait à accroître leurs dépenses de logement ».Le logement est le frein principal à la mobilité, alors même que les Français acceptent dans leur majorité l'idée de bouger, comme toutes les études le montrent. Or, dans ce domaine, les jeunes sont bien sûr les plus concernés. Dans le logement social, les chiffres sont consternants. Il y a vingt ans, 24% des baux des HLM appartenaient à des moins de 30 ans. En 2012, ils n'étaient plus que 11%. Pire : l'année dernière, environ 5% des baux accordés l'ont été à des moins de 30 ans (30.000 baux) contre 520.000 aux plus de 30 ans. On s'approche lentement mais sûrement de l'embolie. Handicap supplémentaire en Île-de-France : les moins de 30 ans ont face à eux un parc locatif privé beaucoup plus cher que le parc social. Un problème qui ne se pose pas à Limoges ou à Besançon où le mètre carré est parfois moins cher dans le privé que dans le social. Et, pour couronner le tout, les conditions d'accès en matière de garantie salariale et de caution sont absolument draconiennes.

Jean-Pierre Gonguet

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