Finlande : petit pays, grande gueule
Sophie Rolland
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Les petits pays de la zone euro ne sont pas forcément ceux qui ont le moins d?influence sur son évolution. La Grèce en est un exemple évident. La Finlande en est un autre? dans un style très différent. Avec ses quelque 5,4 millions d?habitants, ce pays nordique moitié moins peuplé que l?Île-de-France n?hésite plus à faire entendre sa voix en Europe. Farouchement opposés à toute politique d?assistance aux pays en difficulté ou à toute idée de mutualisation des dettes, les Finlandais viennent désormais régulièrement renforcer la ligne dure formée par l?Allemagne, les Pays-Bas et l?Autriche. Les exemples sont nombreux et se multiplient.
Ainsi, à la fin de septembre, profitant du flou des conclusions du sommet européen de juin 2012, les Allemands, les Finlandais et les Néerlandais avaient cosigné une déclaration qui risque de sérieusement limiter la portée de l?accord paraphé. En effet, aux termes de cette déclaration commune, le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne devrait pas prendre en charge l?héritage du passé. Autrement dit, lorsque le MES pourrait enfin intervenir pour recapitaliser directement les banques de la zone (vraisemblablement à partir de mars 2014), sans alourdir la dette des États, il ne serait pas possible de l?utiliser pour soutenir les banques espagnoles déjà en difficulté avant l?entrée en vigueur du mécanisme. La Finlande est également le seul pays à avoir négocié des garanties pour le prêt accordé à la Grèce, dans le cadre du deuxième plan de sauvetage international de l?été 2011? au risque de faire échouer l?ensemble des négociations. Le pays s?était alors attiré les foudres de Berlin. Mais, pour finir, un accord signé en février 2012 stipule bien que la Grèce fournira des garanties en numéraire et en actifs très bien notés en échange de la participation de la Finlande au plan de sauvetage.
De la même façon, les Finlandais ont précisé qu?ils n?accepteraient d?aider l?Espagne qu?à des conditions très strictes. Si l?aide passe par le Fonds européen de stabilité financière, le pays exigera, comme pour la Grèce, des garanties (un accord a d?ores et déjà été signé avec Madrid). Si elle transite via le MES, considéré comme moins pénalisant pour ses finances publiques, la Finlande veillera à ce que les conditions d?utilisation de celui-ci soient les plus strictes possibles.
Sophie Rolland
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