Changes et changement
Robert Jules
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Le président français a prononcé mardi un discours remarqué à Strasbourg devant les députés européens. Après celui du Premier ministre britannique David Cameron et celui de la chancelière allemande Angela Merkel à Davos, François Hollande se devait de donner sa vision de l?Europe. Les thèmes ayant été ? trop ? nombreux, on n?en retiendra qu?un : celui des changes. L?euro est en effet à un niveau élevé, puisqu?il est monté jusqu?à 1,37 dollar avant de refluer pour évoluer au-dessus de 1,35.
Un souhait qui risque de rester un voeu pieux
Comme le Japon et les Etats-Unis mènent une politique favorisant une baisse de leurs monnaies, le président français souhaite que la zone euro agisse de même, pour en particulier rendre plus compétitifs nos échanges à l?international. Outre le fait que la BCE est indépendante, c?est inscrit dans les traités, et qu?elle a pour mission de se focaliser sur le taux d?inflation et non sur le taux des changes, le souhait de François Hollande risque de rester un v?u pieux.
Cette préoccupation des taux de change est très française. Elle était déjà partagée par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui en avait fait une des priorités de son agenda, lors de la présidence du G20. Elle s?était limitée à un séminaire en Chine qui avait réuni le gratin des spécialistes de la question. Le conclave s?était conclu par un constat : il est très difficile de rebâtir aujourd?hui un système des changes à la Bretton Woods. Bref, le changement sur la maîtrise de l?euro, ce ne sera pas pour maintenant.
Cela ne résoudra pas les problèmes de la compétitivité de la France
Mais surtout, vouloir peser sur le taux de change ne résoudra pas tous les problèmes de compétitivité, en particulier ceux de la France, ou plus précisément de ses entreprises. Ensuite, une sortie de la récession de la zone euro ne passe seulement par l?augmentation des exportations. Enfin, cette dernière ne dépend pas uniquement du niveau de l?euro, comme le montre l?exemple de l?Allemagne, deuxième exportateur mondial et membre de la zone euro.
Robert Jules