Il faut que tout change pour que rien ne change

La chronique quotidienne de la Tribune inspirée par l'actualité. Aujourd'hui, l'Italie pourrait être ingouvernable, Ikea épinglée pour ses boulettes de viande de cheval, et Jérôme Cahuzac cherche 6 milliards d'euros, au moins, de nouvelles recettes fiscales.

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Le Premier ministre sortant italien, Mario Monti, est le grand perdant des élections. Copyright Reuters
Le Premier ministre sortant italien, Mario Monti, est le grand perdant des élections. Copyright Reuters

Souvenez-vous en Grèce, il avait fallu deux élections l'année dernière pour dégager une majorité capable de gouverner le pays qui se trouvait au bord de la faillite et de la rupture avec l'Europe. L'Italie semblait dans le même cas lundi soir, la ruse de la raison démocratique n'ayant pas pu départager  le parti du centre-gauche de Pier Luigi Bersani, pourtant donné largement favori, et un centre-droit amené tambour battant par le revenant Silvio Berlusconi. Une situation inédite due en parti au mouvement du comique Beppe Grillo, qui visiblement ne fait plus rire, notamment à Berlin et Bruxelles. Quant à Mario Monti, il est dans les limbes, autour des 10%. Autrement dit, un désaveu cinglant pour le « professore » tant adulé quant il avait été désigné à la présidence du conseil.

Les marchés actions en baisse

Paradoxalement, les marchés obligataires ne s'affolaient pas devant ce scénario d'impossible gouvernement, les taux se détendant même. Les marchés actions en revanche n'appréciaient guère cette situation et étaient orientées à la baisse. A moins que la « combinazione » ne reprenne ses droits pour trouver un exécutif improbable capable de diriger le pays malgré l'anarchie politique. Certains responsables politiques évoquaient après la publication des premières projections la nécessité d'organiser de nouvelles élections. Comme nous le disions en commençant, ce serait un scénario à la grecque, des premières élections pour se défouler, une deuxième pour revenir à la réalité. L'Italie, selon Bruxelles, sera en récession - pour la deuxième année consécutive - de 1% en 2013, et verra son taux de chômage grimper à 11,6%.

Une saga digne d'une série TV

Le scandale de la viande de cheval connaît un nouvel épisode dans cette saga digne d'une série TV qui ne connaît plus de saison. Cette fois-ci, c'est la célèbre enseigne Ikea qui refourguait du cheval dans les boulettes de viande qu'il vendait dans ses magasins dédiés à l'ameublement en kit. Les responsables politiques et ceux de la filière ont beau essayer de rassurer les clients, chaque jour apporte son lot de révélations à travers l'Europe sur des produits où la viande hachée se trouve être du cheval. Rappelons qu'il n'est pas mortel de manger de l'équidé, mais cette tromperie en dit long sur une certaine gestion anarchique de la filière.

Renoncer à tous ses objectifs pour 2013

Le gouvernement français est en train de renoncer à tous ses objectifs prévus pour 2013 en matière de chômage (inversion de la courbe), de déficit public (3% du PIB), de croissance (0,8% jusqu'à il y a deux semaines) et de fiscalité (« la stabilité fiscale »). CarJérôme Cahuzac va chercher de nouveaux impôts pour trouver au moins six milliards d'euros de recettes nouvelles pour, dit-il, compenser un manque à gagner pour l'Etat. On soulignera que le ministre du Budget ne met pas en avant la nécessité de réduire les dépenses publiques comme le veulen Bruxelles et la BCE.

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