“Le capital santé potentialise le capital humain”

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Laurent Cerino/ADE
D'après une définition de l'Organisation mondiale de la Santé, le capital santé repose tout à la fois sur la santé physique, la santé mentale et la santé sociale. Soit ce postulat de départ : un individu en bonne santé est un individu plus performant au travail. Dès lors, une entreprise dont les salariés sont en bonne santé sera plus performante.
"Or, ce postulat, d'apparence évidente, n'a jamais été quantifié avec des méthodes scientifiques incontestables. Il échappe à toute démonstration systématique", établit d'emblée Guillaume Soenen, professeur associé de management et titulaire de la Chaire APICIL Santé et Performance au Travail à emlyon business school.
Ce dernier pose une équation simple : "la performance est égale au produit du capital humain et du capital santé. Or, les sommes investies dans la sélection, le recrutement et les processus de contrôle ne visent que le capital humain, sans correspondance avec les investissements sur le capital santé".
Guillaume Soenen (crédits : Laurent Cerino/ADE)
"Notre organisme biologique, physiologique, est parfaitement adapté à réagir à une situation de stress. Mais la répétition, dans le temps, de ces situations est problématique. En outre, notre capacité d'anticipation est elle-même source de stress. Les éléments sont très nombreux et très divers et peuvent varier d'un individu à l'autre. Le processus de régulation relève donc lui aussi de l'individu et pourra même se révéler un facteur de performance s'il aboutit à un stress régulé. A défaut, le stress non régulé peut aboutir, par exemple, à des situations de "burn-out"."
"Face à cette situation, les organisations disposent de plusieurs modes d'action : éliminer le risque, en substituer la source, isoler les salariés vis-à-vis du risque, modifier l'organisation du travail et, enfin, protéger les salariés."
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(crédits : Laurent Cerino/ADE)
"Toutes ces stratégies relèvent d'une approche essentiellement défensive structurée autour de la notion de risque, notamment légal, et donc de potentielle sanction. Or il conviendrait de se positionner dans une optique d'investissement positif dans le capital santé."
"Conscient de l'existence des risques psychosociaux, au sein des organisations, le capital santé doit être traité de façon positive, comme un investissement et non comme un risque à réduire."
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"Dès lors, le lieu de travail doit être appréhendé comme capable d'améliorer l'état de santé. Mais celui-ci ne peut uniquement dépendre des entreprises et des organisations : il est l'affaire de la communauté au sens large, dans laquelle s'inscrivent les lieux de travail. La santé au travail est un enjeu collectif. Et un enjeu global : la santé au travail est d'abord un enjeu de santé."
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