Etienne Klein : "Penser, c’est dire non"
Maeva Melano

Klein
Laurent Cerino/ADE
Maeva Melano

Klein
Laurent Cerino/ADE
Pour Etienne Klein, rien ne sert d'avoir un tas d'idées. Il faut cultiver celles qui sont bonnes. "Une idée, c'est si rare ! affirme le physicien. C'est Einstein qui le dit".
Les mathématiciens, réputés pour leurs idées révolutionnaires, renvoient tous à l'idée d'un "avant" et d'un "après" l'idée. Mais que se passe-t-il quand l'idée arrive ?
Henri Point Carré est le premier à parler de cet instant clé. Cet Eurêka jubilatoire, il l'expérimente en montant dans un omnibus au détour d'un séminaire du Corps des Mines. Après plusieurs mois à plancher sur les fonctions fuchsiennes, il résout son problème presque inconsciemment et instantanément par le simple fait de prendre du recul.
(crédits : Laurent Cerino/ADE)
D'ailleurs, les neurosciences l'ont confirmé : il est possible d'avoir des idées en sommeil.
Il énonce alors des conditions d'apparitions :
"Penser, c'est d'abord dire non à sa pensée", appuie le docteur en philosophie des sciences. L'un des dangers serait de confondre idée et croyance. Il faut mettre en défaut ses idées.
Etienne Klein avertit également sur les dérives potentielles d'un monde régit par les seules données.
Et de citer en exemple la physique moderne de Galilée et de Newton, née sans données.
Faire de la physique c'est penser contre son cerveau. La physique nous invite à contredire ce que nous pensons d'emblée.
Ainsi, depuis un siècle, les données s'accumulent par le biais de satellites et autres instruments de mesure. Pour autant, aucune n'a remis en question ces théories scientifiques.
Il faut avoir un rapport critique au réel. Etienne Klein renvoie, en guise d'exemple, à la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein (1907).
À lire également
En fin de compte, "les idées réclament une certaine forme de fraîcheur", lance-t-il. Pour lui, la source réside dans l'étonnement. "Il est le moteur de la curiosité". Il suffit parfois d'une seule idée pour tout révolutionner.
Maeva Melano