COP21 : les véritables enjeux climatiques ?

Alexandre Léoty

Alexandre Léoty
L'objectif de la COP21, la 21e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre prochains à Paris, est clair : il s'agit d'aboutir à un accord international sur le climat. Concrètement, cet événement vise à engager de façon concertée une nouvelle trajectoire de développement économique permettant de limiter à deux degrés le réchauffement climatique par rapport à l'ère préindustrielle. Et si les tractations politiques sont encore actuellement en cours, les enjeux scientifiques, eux, sont sans appel. Pour le climatologue Cerfacs/CNRS Christophe Cassou, contributeur du Giec (Groupement intergouvernemental d'experts sur le changement climatique) et coorganisateur du Train du climat, exposition itinérante qui va sillonner la France du 6 au 25 octobre, il y a bel et bien urgence.
Aux sceptiques qui douteraient encore de la responsabilité humaine dans ce phénomène d'augmentation des gaz à effet de serre, le scientifique répond sans ambiguïté. "Les travaux des climatologues démontrent que les tendances depuis un siècle, et surtout depuis 1950, ne sont pas compatibles avec la variabilité naturelle, précise-t-il. Cet excès de carbone est directement lié à la combustion des énergies fossiles."
Face au réchauffement climatique, qui intervient sur la planète de façon globale mais non homogène, de nombreux scénarios se dessinent pour l'avenir. Dont deux principaux, très contrastés.
Ce qui, le scientifique ne le cache pas, "sera très difficile". Autre scénario, beaucoup plus pessimiste, celui-là : celui du "laisser faire".
Le climatologue souligne par ailleurs la vitesse du changement. "Le passage entre deux périodes prend d'ordinaire environ 15 000 ans. Là, c'est cent ans ! Nous rentrons dans quelque chose que nous ne connaissons pas..."
Et les conséquences d'un tel scénario catastrophe seraient multiples : disparition des banquises en été, asséchement des ressources en eau douce dans certaines régions du globe, fonte des glaciers continentaux et des calottes glaciaires, mais aussi augmentation du niveau de la mer, avec une incidence directe sur les populations côtières, qui deviendraient très vulnérables.
Serait-il déjà trop tard ? Pas forcément, répond Christophe Cassou. "En optant pour le scénario du + 2 degrés, nous resterions dans le domaine de l'acceptable, pour que les sociétés puissent s'adapter", estime-t-il. Un optimisme partagé par Pascale Ultré-Guérard : "Tous les moyens ont été mis de notre côté, dans la perspective de la COP21. Il faut rester confiants et travailler sur le long terme."
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Christophe Cassou et Pascale Ultré-Guérard interviendront lors du Forum Climat COP21, organisé par La Tribune-Objectif News. Cet événement va rassembler 800 acteurs de la vie économique, scientifique et politique régionale le 15 octobre prochain, de 9 heures à 13 heures, aux Espaces Vanel de la médiathèque José Cabanis, à Toulouse. Cette matinée de réflexion aura pour but de mobiliser l'ensemble des acteurs locaux sur les questions de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique.
Alexandre Léoty