« L'Europe représente un double avantage pour les champions de la finance en zone Cemac » (Gilles Tchamba, L’Archer)
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LA TRIBUNE AFRIQUE - Au récent Choiseul Africa Business Forum de Marrakech, vous étiez l'un des rares entrepreneurs financiers à représenter la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (Cemac). Quel est votre regard sur l'évolution, au sein de cette zone, de la finance telle conçue aujourd'hui sur le plan international ?
GILLES TCHAMBA - En termes d'évolution du secteur financier en zone Cemac, je dirais qu'il y a pas mal de champions qui émergent en ce moment, notamment dans les secteurs sociétés de bourse, des sociétés de gestion d'actifs. Il y a un certain nombre de grosses structures indépendantes qui se créent et qui répondent de manière plus ou moins efficace aux problématiques locales. De plus en plus de personnes se lancent dans l'aventure pour apporter, elles aussi, des réponses aux challenges financiers de la sous-région.
Quels sont ces challenges ?
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A mon sens, les sociétés financières en zone Cemac font face à deux principaux challenges. Le premier est l'innovation. Elles doivent toujours innover pour pouvoir adapter leurs offres aux besoins du marché, car les besoins de financement sont là, c'est à nous d'être inventifs tous les jours afin de trouver la formule qui convient. Le deuxième challenge est celui de l'éducation financière. Ce qui fait fonctionner une place boursière, c'est la présence des investisseurs, lesquels sont très souvent institutionnels. Il s'agit des compagnies d'assurance, des caisses de pension, mais c'est aussi des fonds d'investissement. Cependant, pour que ces fonds réussissent à lever le maximum de flux possible auprès des particuliers - car in fine, ce sont c'est eux les vrais contributeurs - un travail de sensibilisation en amont doit pouvoir être fait et cela passe par une éducation financière. Pour conscientiser les particuliers sur la nécessité de s'inscrire dans une dynamique d'investissement, parce que sommes dans un environnement où la donne financière soulève plusieurs problématiques qui n'attendent que d'être adressées. C'est le cas notamment de la problématique de la retraite qui reste importante. Dans certains pays de notre zone, le plafond de rémunération mensuel d'un retraité est de 400.000 francs CFA, soit environ 600 euros. Si un particulier qui gagnait 5.000 euros se retrouve avec un plafond de rémunération de 600 euros, il connaîtra une chute vertigineuse de son pouvoir d'achat. Les sociétés financières doivent pouvoir y apporter des solutions, d'où l'importance notamment de l'innovation, servant ainsi l'investisseur, mais aussi les porteurs de projets, qu'ils soient des États, des municipalités, des entreprises ou tout autre acteur.