PSA lance le premier véhicule électrique de série en Europe

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(Crédits : Bloomberg)
Peugeot et Renault lancent ces prochains mois des véhicules décarbonés dont l'avenir dépendra du financement des infrastructures et des progrès techniques.

La voiture électrique ? C'est pour très bientôt. Depuis le temps qu'on en parle... Peugeot invite la presse à essayer, dès le 6 septembre, sa Ion, premier véhicule électrique européen de série « zéro émission ». Certes, ce modèle a peu de sang tricolore puisqu'il est produit au Japon chez Mitsubishi, le constructeur nippon qui l'a développé et qui le commercialise déjà pour son compte depuis un an. Il n'empêche. La Ion, comme sa soeur jumelle Citroën C Zéro, seront livrables en décembre prochain. Avec des volumes envisagés de 100.000 unités d'ici à la fin 2015. 16.000 préréservations ont déjà été enregistrées, émanant d'énergéticiens, de transporteurs publics, de sociétés de leasing.

En attendant ces modèles de série, PSA va remettre en septembre le premier utilitaire Citroën Berlingo électrique à La Poste, qui en a commandé 250. Pour plus tard, PSA songe à un engin électrique des villes, mi-scooter, mi-voiture, développé avec Michelin, le Peugeot BB1. Mais aucune date de commercialisation n'est encore avancée.

Grâce à son partenariat avec Mitsubishi, PSA grille en tout cas la politesse à Renault, qui, avec son allié Nissan, a fait de l'électrique une de ses priorités. La firme au losange mettra toutefois sur le marché, mi-2011, un utilitaire Kangoo électrique, assemblé à Maubeuge (France). Production escomptée : 20.000 à 30.000 unités annuelles à l'horizon 2015, selon des informations officieuses. À la même époque, le constructeur lancera sa berline Fluence électrique, fabriquée en Turquie, avec un objectif semblable. Au second semestre 2011, l'ex-Régie ajoutera la Twizy, une espèce de quadricycle électrique urbain biplace produit en Espagne.

Enfin sera commercialisé mi-2012 le modèle clé, la Zoé, qui doit assurer la rentabilité du programme électrique, sur plate-forme de Clio modifiée. Ce modèle très élaboré, doté d'une autonomie de 200 kilomètres, est carrément prévu pour au moins 150.000 exemplaires par an au tournant de la décennie. Il sera construit à Flins, en région parisienne. Au total, Renault vise plus de 200.000 véhicules électriques par an vers 2015-2016. La firme de Boulogne-Billancourt estime que les modèles « zéro émission » s'octroieront 5 % du marché vers 2015-2016 et 10 % en 2020. Avec Nissan, Renault installe des capacités de 500.000 batteries annuelles.... De quoi voir venir !

Popularité croissante

Si Renault et Nissan se montrent extrêmement confiants dans la popularité croissante du véhicule électrique, d'autres sont moins enthousiastes. Les analystes de HSBC estiment ainsi que les modèles électriques représenteront 4,5% seulement des ventes totales de véhicules légers dans le monde d'ici à 2020, soit 4,7 millions d'unités sur un total d'environ 100 millions. PSA parie sur 5%.

La popularisation des modèles électriques, chez Renault et Nissan, PSA, mais aussi Volkswagen, Mercedes, GM, Toyota, le chinois BYD, dépendra de leur coût et de leur évolution technique. Si, en louant les batteries à l'utilisateur, Renault se fait fort de lancer un véhicule électrique au prix d'un modèle classique, à condition toutefois que l'Etat subventionne fortement l'achat, le point noir reste aujourd'hui l'autonomie de ces engins, fort réduite. Celle d'une Peugeot Ion est en effet de 130 kilomètres au maximum aujourd'hui. Et encore... Si l'on utilise la climatisation, les phares, les essuie-glaces, l'autonomie redescend à 80 kilomètres ! Or, pour recharger les batteries, il faut... sept à huit heures sur une prise normale.

L'Etat devra donc investir dans des infrastructures, comme les bornes à recharge rapide, permettant de charger les batteries à 80 % en une demi-heure. Mais le coût d'une station de chargement rapide est de 8.300 euros environ aujourd'hui ! Pas donné. Selon Carlos Ghosn, PDG de Renault, la perspective est toutefois de diviser ce coût par deux dans les deux ans. Il y a donc de l'espoir. n

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