Les ménages devront financer un tiers de la croissance verte

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Une étude HSBC anticipe le doublement, voire le triplement, du marché de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables d'ici à 2020. Au prix de 10.000 milliards de dollars d'investissements.

L'évolution de la réglementation, des prix des énergies fossiles et du CO2, le volontarisme politique, la rapidité du progrès technique et des baisses de coûts qui en découlent, l'existence d'un consensus entre scientifiques et dans l'opinion publique à propos du changement climatique... tous ces facteurs, d'ailleurs étroitement imbriqués entre eux, se traduisent par des évolutions différentes du « marché bas carbone ».

HSBC regroupe sous ce vocable tout ce qui a trait soit à l'énergie décarbonée (ou renouvelable) soit à la croissance décarbonée, au travers de l'efficacité énergétique, qu'elle soit obtenue dans le transport, le bâtiment, l'industrie, le stockage de l'énergie ou les réseaux intelligents. Sur ce point, Nick Robins, en charge du changement climatique au sein de HSBC, déplore « une occasion ratée dans le bâtiment, où l'on n'a pas su saisir les opportunités d'améliorer l'efficacité énergétique à moindre coût tout en évitant le chômage à de nombreux ouvriers ».

Dans le plus pessimiste de ses quatre scénarios, HSBC anticipe un doublement du « marché bas carbone », aujourd'hui évalué à 740 milliards de dollars et qui atteindrait 1.496 milliards de dollars en 2020.

Rééquilibrage

Son scénario de prédilection (qui n'est pas le plus optimiste) parie sur une évolution contrastée des grandes zones géographiques, obéissant à des motivations de différentes natures, le changement climatique pour l'Europe, le leardership industriel pour la Chine et l'emploi pour les États-Unis. L'Europe atteindrait ses objectifs en matière d'énergies renouvelables (20 % en 2020) mais pas en termes d'efficacité énergétique (de 11 % à 13 % d'amélioration au lieu des 20 % prévus). À ce sujet, l'étude souligne l'équilibre qui s'établit nécessairement entre ces deux buts. En effet, l'objectif en termes d'énergies renouvelables s'établissant en pourcentage, il est d'autant plus aisé à obtenir que la consommation d'énergie est faible, grâce à une meilleure efficacité énergétique.

Selon le même scénario, la Chine dépasserait de 40 % ses objectifs d'énergies renouvelables tandis que les États-Unis évolueraient, certes, vers une croissance plus sobre en carbone, mais à pas comptés. Résultat, un rééquilibrage des parts du « marché bas carbone » : l'Europe menant toujours la danse (27 % contre 33 % aujourd'hui), suivie par la Chine (24 % contre 17 % aujourd'hui) et les États-Unis (21 %). L'Inde et le Brésil représenteraient 10 % du marché à eux deux. Et, in fine, un triplement du marché, qui pèserait alors 2.238 milliards de dollars.

En termes de secteurs, c'est le véhicule décarboné qui fait figure de poids lourd, pour un montant de 473 milliards de dollars en 2020, soit 20 fois plus qu'aujourd'hui.

Ce poids, d'ailleurs, n'est pas sans lien avec l'un des principaux enseignements de l'étude : le rôle important des ménages dans le financement de cette économie verte, à travers justement les achats de véhicules, mais aussi les travaux d'amélioration énergétique des logements ou encore la production décentralisée d'énergie.

Financements innovants

Car cette économie bas carbone sera très capitalistique, caractérisée par des investissements initiaux élevés et des coûts opérationnels réduits. HSBC estime à 10.000 milliards de dollars le montant des investissements nécessaires d'ici à 2020, et à un tiers de ce montant la part qui reviendra aux ménages. « D'où l'impérative nécessité, souligne Nick Robins, d'élaborer des solutions de financements innovantes leur permettant de consentir des investissements élevés. Et des arguments pour convaincre ces milliards de décideurs de la nécessaire transition vers cette économie décarbonée. » n

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