La Chine s'impose dans l'éolien mondial et fait baisser les coûts

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En plein Texas vont se dresser des centaines d'éoliennes chinoises : la Chine pollue sans doute avec ses centrales à charbon mais est aussi en passe de devenir à la fois le 2ème plus grand producteur d'énergie éolienne et l'un des plus grands fabricants de turbines, ce qui inquiète ses concurrents occidentaux.

Mais bonne nouvelle, ses efforts sont tels qu'ils font baisser les coûts de cette énergie d'avenir, selon un bilan de Global Intelligence Alliance (GIA).

La World Wind Energy Association prévoit qu'en 2020, les capacités éoliennes mondiales atteindront 1.500 GW (presque dix fois plus qu'actuellement) et représenteront 20% de la consommation mondiale d'électricité contre 1,5% en 2008.

Record d'installations en 2009

L'accélération de la Chine, qui a installé le plus d'éoliennes l'an dernier et talonne désormais l'Allemagne, provient largement d'une volonté gouvernementale : Pékin a l'ambition d'avoir installé 200 GW en 2020, contre 25 GW fin 2009. Les marchés ont bien compris le potentiel de l'éolien en Chine : meilleure preuve de leur intérêt, le formidable succès de l'introduction en Bourse du développeur chinois Longyuan.

Beaucoup de fabricants étrangers ont largement investi en Chine pour produire des turbines sur place, en particulier le leader mondial Vestas, afin de s'adapter à une règle en vigueur jusqu'à récemment, qui obligeait les développeurs éoliens à utiliser des turbines fabriquées au moins à 70% en Chine. Certains ont réussi à y remporter de jolis contrats, comme General Electric.

Et pour répondre au développement accéléré des parcs chinois, notamment dans les plaines venteuses de Mongolie intérieure, les fabricants chinois ont dû mettre les bouchées doubles et plusieurs comme Goldwind ou Sinovel ont rejoint la liste des 10 premiers fabricants mondiaux, souvent aidés par des partenariats technologiques avec des groupes occidentaux. Ils se préparent maintenant à fournir les marchés occidentaux, qui, crise oblige, recherchent des turbines moins chères.

Pénurie d'éoliennes ?

En cumul, la Chine, les Etats-Unis et l'Union européenne prévoient environ 500 GW installés en 2020 mais la demande de turbines risque d'excéder nettement l'offre, surtout pour certains composants comme les multiplicateurs de vitesse et les paliers à roulement. D'autant que les composants pour éoliennes sont aussi utilisés dans d'autres industries, que les pièces ne sont pas interchangeables d'un fabricant à l'autre et que le niveau technologique de plus en plus élevé est une barrière pour les nouveaux entrants.

Les fabricants chinois ne sont pas encore en mesure de produire seuls des turbines high-tech : la plupart des turbines chinoises sont développées en partenariat avec des groupes étrangers, surtout pour les éoliennes à très haut rendement, comme c'est le cas des nouvelles turbines offshore de Sinovel. Autre facteur déstabilisant, le prix très volatil des matières premières (acier, cuivre, fibre de carbone)

En Chine, les groupes étrangers essaient par tous les moyens d'entrer sur un marché encore très fermé : les partenariats, joint ventures et fusions-acquisitions vont donc se poursuivre tant chez les développeurs que les fabricants de turbines et de composants. Ainsi les fabricants locaux vont-ils acquérir la technologie qui leur manque.

C'est le cas du partenariat entre Shanghai Electric et l'allemand Aerodyn, et celui de Zhejiang Windey avec le britannique Garrad Hassan, ou encore la collaboration entre Sinovel et l'autrichien Windtec, qui a permis à Sinovel d'équiper le premier parc offshore chinois, qui vient d'ouvrir au large de Shanghai.

Si la tendance actuelle se poursuit, la Chine deviendra un fournisseur majeur de composants pour éoliennes et de services, notamment pour tous les autres pays d'Asie.

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