Aux Etats-Unis, le vert oui, mais américain !

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Signe de l'inquiétude des Américains face à une Chine plus verte qu'eux, quatre sénateurs démocrates viennent de demander au gouvernement de bloquer les milliards d'aides aux énergies renouvelables pour ceux qui n'utilisent pas des matériels fabriqués aux Etats-Unis.

Menés par le remuant sénateur de New York Chuck Schumer, ces quatre élus ont de nouveau cité le tollé suscité par l'annonce d'un vaste parc éolien texan équipé d'éoliennes chinoises, qui devrait pouvoir toucher de très importantes subventions de l'Etat fédéral, ce qui a beaucoup choqué dans le pays. Ils demandent que soient bloquées les aides jusqu'à l'adoption d'une loi qui empêcherait que les subventions financent des emplois à l'étranger.

Le Secrétaire à l'Energie Steven Chu, grand ordonnateur des aides du plan Obama, a répliqué que cela pourrait au final coûter des emplois aux Etats-Unis, mais cette initiative montre que ce sujet divise même la majorité démocrate.

Des mesures protectionnistes demandées

Car cette préoccupation monte outre-Atlantique, comme en atteste un nouveau rapport de deux associations, Apollo Alliance et Good Jobs First, baptisé "Gagner la course : comment les Etats-Unis peuvent dominer l'économie verte mondiale », véritable plaidoyer pour lutter contre la concurrence asiatique.
Selon ses auteurs, les Etats-Unis doivent impérativement développer une industrie capable de répondre à la croissance du marché des greentech, faute de quoi ils perdront la course pour être le leader mondial de ce secteur, ainsi que les centaines de milliers d'emplois qui vont avec.

Ce rapport dresse un constat inquiétant : les Etats-Unis importent, selon lui, 70% des composants destinés à leur production d'énergies renouvelables. Et si cette tendance continue, le pays perdra 100.000 emplois dans les industries des énergies propres d'ici 2015 et près de 250.000 emplois d'ici 2030.

Des subventions américaines... investies en Chine

Le rapport analyse les subventions distribuées par le gouvernement américain pour la création d'usines de matériels destinés à la production d'énergie solaire ou éolienne : sur les 90 entreprises qui ont reçu des fonds pour investir aux Etats-Unis, 23 ont parallèlement investi dans des sites équivalents en Chine, en Inde, au Mexique et en Malaisie. Conclusion des auteurs du rapport : ces 23 entreprises ont en partie utilisé les fonds de Washington pour investir dans ces pays aux bas salaires.

« Ce pays a besoin d'une stratégie de développement des énergies propres qui puisse s'assurer que les emplois créés dans ce secteur resteront aux Etats-Unis et que la croissance des énergies propres dans des pays à bas salaires, comme la Chine, n'est pas indirectement subventionnés par les Etats-Unis", martèle le rapport.

Pour éviter que les emplois du green business ne partent dans les pays à bas coûts, Greg LeRoy, de Good Jobs First, demande une nouvelle politique, dont des aides pour que les PME se dotent d'outils d'efficacité énergétique et adaptent leur production au secteur des énergies propres, ainsi qu'une formation adaptée des salariés américains.

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