L'éolien "offshore" fait rêver les ports français

Les ports français vont-ils profiter du développement de l'éolien offshore ? Alors qu'en coulisses les développeurs peaufinent leurs dossiers dans la perspective de l'appel d'offres destiné à déployer 3.000 MW dans plusieurs zones propices, les collectivités sont engagées dans une bataille pour s'imposer comme le futur "hub" du secteur. Les enjeux sont de taille : à l'étranger, les ports danois d'Esbjerg ou allemand de Bremerhaven ont trouvé dans l'éolien un véritable relais de croissance.
(Crédits : reuters)

Les ports français vont-ils profiter du développement de l'éolien offshore ? Alors qu'en coulisses les développeurs peaufinent leurs dossiers dans la perspective de l'appel d'offres destiné à déployer 3.000 MW dans plusieurs zones propices, les collectivités sont engagées dans une bataille pour s'imposer comme le futur "hub" du secteur. Les enjeux sont de taille : à l'étranger, les ports danois d'Esbjerg ou allemand de Bremerhaven ont trouvé dans l'éolien un véritable relais de croissance.

Les fabricants de turbines Siemens et Vestas ont ainsi fait d'Esbjerg une véritable puissance portuaire. Plus grand port du Danemark, près de 40% de son activité est aujourd'hui réalisé grâce aux exportations de mâts, tours, nacelles et autres pales, à destination notamment du Royaume-Uni, où le marché offshore est en plein boom.

Dans l'Hexagone, tous les grands ports rêvent de créer une activité liée à l'éolien offshore. Pour cela, il faut des terrains disponibles à proximité des installations portuaires et un savoir-faire industriel autour dans de multiples secteurs : fonderie, métallurgie, plasturgie, tôlerie, chaudronnerie, électronique... Les plus grands ports - Brest et Lorient, Nantes-Saint Nazaire, Rouen et Le Havre, Bordeaux -- et leurs bassins industriels respectifs se positionnent pour contrôler une partie de la future industrie offshore française.

Rouen-Le Havre en pointe

Du côté de l'axe Rouen-Le Havre, un projet pour le développement de l'éolien offshore a été lancé à la fin de l'année 2009 et rassemble une quarantaine d'acteurs, entreprises et institutionnels. Avec son statut de premier port français, Le Havre a une carte importante à jouer. Trois sites sont en cours d'aménagement autour du port pour accueillir des activités d'assemblage et de maintenance. Des ports comme Dieppe, Le Tréport, Fécamp et Cherbourg se positionnent dans des rôles secondaires.

La région présente déjà des entreprises sur divers maillons de la chaîne. Sur les pales, mâts, nacelles et pièces métalliques (Aircelle, Daher, Démaret Frères, Fouré Lagadec et Mallard notamment), sur les fondations (Lafarge Ciment, Saipem et Technip), dans l'ingénierie électrique et électronique, l'électromécanique et la mécatronique (Cegelec, SIE et 2H Energy). Le levage, la manutention et le stockage des éoliennes peuvent être assurés par CFT, Humann et Taconnet, Sarens et Terminaux de Normandie, par exemple.

Nantes-Saint-Nazaire : un projet d'usine de production de mâts

Du côté du Pays-de-la-Loire, les acteurs s'organisent aussi, notamment autour de la Chambre de commerce et de l'industrie de Nantes Saint-Nazaire et du cluster Neopolia. Le Grand Port maritime de Nantes Saint-Nazaire accueille déjà des éoliennes destinées aux installations à terre, stockées à Montoir. A terme, deux sites potentiels pourraient accueillir des énergies marines : le port de Saint Nazaire et le site du Carnet.

Plusieurs grands acteurs industriels sont par ailleurs présents : Altéad, Daher, Idea Logistique, MTTM, Sogebras pour les opérations de manutention. Le turbinier allemand REpower et le fabricant de mât Siag pourraient également implanter une usine de fabrication de mâts sur la côte Atlantique.

Brest-Lorient : la carte des énergies marines

La Bretagne concentre sa stratégie sur les ports de Brest et Lorient. L'Agence de développement économique de Bretagne et le cluster Bretagne Pôle Naval pilotent actuellement le développement d'une filière industrielle dans les énergies marines. La région dispose d'un positionnement stratégique entre l'Atlantique et la Manche. Le port de Saint-Malo pourrait aussi jouer un rôle comme plateforme d'assemblage et de maintenance.

Bordeaux : un tissu industriel naissant dans l'éolien

La région bordelaise est également sur les rangs, et plusieurs industriels se positionnent déjà sur l'éolien comme EADS Astrium et Vergnet, Plastinov ou encore Valéol. Bordeaux dispose également de son Ecoparc de Blanquefort, offrant une superficie de choix pour de futurs industriels.

Le Grand port maritime de Bordeaux peut jouer les premiers rôles grâce aux infrastructures logistiques mises en place pour le secteur aéronautique, pour transporter des tronçons d'Airbus. Son site de Pauillac s'adapterait facilement à une industrie éolienne ayant des pièces de grandes dimensions.

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