La France à la recherche d'une troisième voie dans l'éolien "offshore"

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Face à la puissance de l'industrie allemande et aux promesses du marché britannique, la France doit jouer la carte de l'innovation.

L'offshore sera bientôt le moteur de l'éolien européen. Selon PricewaterhouseCoopers (PwC), la capacité annuelle installée en éolien terrestre devrait commencer à décroître en 2020 pour être rattrapée par la capacité installée en mer dès 2026. Et en 2035, la production totale des éoliennes en mer devrait dépasser celle produite par leurs cousines terrestres. Meilleures conditions de vent, moindres nuisances sonores et visuelles, économies d'échelle et saturation de l'espace à terre expliquent cette évolution.

À ce jour, le coût du mégawattheure (MWh) offshore atteint 3,5 millions d'euros, plus de deux fois celui du MWh terrestre. Mais le potentiel du marché européen et les dizaines de milliers d'emplois qu'il laisse entrevoir aiguisent les appétits. Forte de son expérience dans l'éolien terrestre, l'Allemagne, via son champion Siemens, se taille la part du lion dans les nouveaux projets. Au Royaume-Uni (43 % de la capacité installée en Europe et 33 GW prévus d'ici à 2020), la volonté politique et les conditions offertes aux industriels ont déjà séduit Gamesa, Siemens, General Electric et Mitsubishi.

Vitrine domestique

Et la France ? Malgré des savoir-faire précieux pour l'offshore (dont le naval et l'aéronautique), les industriels français ne maîtrisent pas la fabrication d'une éolienne offshore. « Ils pourraient se positionner rapidement sur la fabrication d'éléments peu complexes, l'assemblage à quai ou la maintenance, soit 50 % de la valeur totale du marché, estimé entre 15 et 20 milliards pour la France », estime Alexis Chauffert-Yvart, consultant senior au sein du cabinet PwC. Mais ils devront aussi miser sur l'innovation, avec des machines sans multiplicateur ou sans boîte de vitesse, des turbines bipales, etc. Puis des éoliennes flottantes, encore au stade expérimental. Certes, le marché est européen, mais les français ont besoin d'une vitrine domestique. Le premier appel d'offre de 3.000 MW, prévu depuis des mois et aujourd'hui annoncé « avant la fin 2010 », est également guetté par certains acteurs étrangers qui ont établi des plans d'investissements significatifs. Appel d'offre ou pas, à l'instar de Vestas qui sert le sud de l'Angleterre depuis Dunkerque, d'autres industriels étrangers pourraient s'implanter à proximité des ports français, bien situés pour desservir à la fois la Manche et l'Atlantique. Mais cette attractivité des ports français elle-même menace de s'étioler à mesure que se développe le marché britannique, une implantation industrielle de part et d'autre de la Manche ne se justifiant pas.

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Commentaires
a écrit le 15/12/2010 à 23:51 :
Michel Rocard : Les mots en France posent problème, nous avons intégré nos économies à l'Union européenne, et notamment à la zone euro. Mais de toute façon, et notamment en France, nous avons un besoin ultra-urgent d'énergies renouvelables, et il faut bien les produire, de voitures électriques pour produire moins de gaz à effet de serre, de tous objets quotidiens recyclables, réparables, biodégradables. Tout cela fait partie des objets et des enjeux d'une croissance nouvelle que l'on finance bien mal.

http://www.lemonde.fr/

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