Kinergy ou l'exemple d'une ferme solaire d'envergure en manque de visibilité

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C'est un projet de très grande taille, qui pourrait entrer dans le top 5 des plus grandes centrales solaires au sol de France.

Appuyé par les collectivités locales, il s'inscrit dans une logique agricole intéressante. Mais c'est aussi un projet dont l'avenir dépend directement de l'issue de la concertation entre le gouvernement et la filière, officiellement lancée hier. Kinergy travaille sur une installation de 72 MW sur la commune d'Arsac (Gironde). "Le permis de construire a été déposé, mais nous sommes dans l'expectative", confie Nicolas Gerard, le directeur général de la société, qui se veut extrêmement prudent.

Du solaire et des brebis
Approuvé par la Communauté de communes Médoc Estuaire et la commune d'Arsac, alléchée par les retombées économiques et fiscales d'un projet respectueux du volet agricole, ce parc solaire pourrait s'étendre sur 180 hectares. Sa particularité : s'il est réalisé, le site sera aménagé de manière à servir en même de pâturage à plusieurs centaines de brebis. La vocation agricole sera même renforcée par l'implantation d'une fromagerie : une vraie ferme solaire !

200 millions d'investissement
Créée en 2006 initialement sur le segment des installations de faible et moyenne puissances (marques S comme Solaire, Agrinergy), Kinergy a fusionné, en juin dernier, avec Solarvoltaïc, présent sur des projets de grande puissance, pour se développer sur les grandes centrales.
A Arsac, le montant de l'investissement est estimé autour de 200 millions d'euros, dans le cas où la totalité des 72 MW serait développée. "Nous sommes en relation avec deux fonds d'investissement pour le financement", explique Nicolas Gerard. L'un français, et l'autre "européen", habitué des projets solaires.

Avec des panneaux français ?
Réalisée en plusieurs tranches, la centrale pourrait commencer à sortir de terre fin 2011, début 2012. Pour le choix des panneaux, Nicolas Gerard indique que Kinergy cherche à utiliser au maximum des modules français. Mais l'incertitude actuelle sur l'avenir de l'industrie solaire du pays le laisse dubitatif.
Kinergy a déjà noué un partenariat avec Sillia Energie, un fabricant de modules photovoltaïques basé à Lannion (Bretagne). Détenu majoritairement par le groupe SOFIE, Sillia dispose d'une capacité de production de 20 MW.

Verdict au printemps
Mais la réalisation de cette centrale est liée au cadre réglementaire qui sera instauré en février ou mars prochain par le gouvernement, suite aux discussions avec la filière. En fonction du niveau du tarif d'achat et de l'organisation du marché - qui pourrait être limité par un quota annuel sur les installations -, l'entreprise décidera de sa faisabilité.
Et ce n'est pas le seul projet en attente pour Kinergy : la société a en portefeuille une centrale de 25 MW à Thouars (Deux-Sèvres), dont le permis de construire est en cours d'instruction. Une première tranche doit être mise en service au second semestre 2011. "Nous sommes toujours en ligne avec le calendrier", note Nicolas Gerard. Mais comme pour la ferme d'Arsac, Kinergy attend avec impatience les décisions qui seront prises par les pouvoirs publics. La société déclare parallèlement être sur plusieurs autres marchés, suite à des appels publics à concurrence en cours d'instruction.

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