L'Algérie mise sur le solaire et l'éolien

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Le pays affiche ses ambitions dans les énergies renouvelables, dont il prévoit d'exporter une partie vers l'Europe.

L'Algérie affiche de fortes ambitions dans les énergies renouvelables tout en maintenant le flou sur sa participation au projet allemand Desertec. Le ministre de l'Energie et des Mines, Youcef Yousfi, a dévoilé cette semaine un plan gouvernemental prévoyant de produire 40 % des besoins nationaux en électricité à partir du solaire et de l'éolien à l'horizon 2020. « Nous avons identifié 60 projets qui nous permettront de produire entre 2.500 et 3.000 MW d'électricité à partir du solaire et de l'éolien », a-t-il précisé. Actuellement, l'Algérie produit son électricité essentiellement à partir de gaz naturel.

Le plan de Youcef Yousfi prévoit aussi d'exporter vers l'Europe, en partenariat avec des investisseurs européens, 2.000 MW d'électricité « propre » à l'horizon 2020, puis 10.000 MW en 2030.

L'Algérie, l'un des principaux fournisseurs de l'Europe en gaz naturel, veut renforcer ainsi cette position incontournable dans l'approvisionnement énergétique de l'Europe en investissant dans le solaire et l'éolien, pour préparer l'après pétrole, et surtout éviter d'être distancée par le Maroc, son voisin et adversaire pour le leadership au Maghreb. Celui-ci a d'ores et déjà annoncé un plan solaire très ambitieux portant sur 2.000 MW.

2.300 heures d'ensoleillement

Le Sahara algérien, vaste territoire en grande partie désertique, bénéficie de 2.300 heures d'ensoleillement par an. Les projets algériens dans le solaire intéressent notamment des groupes étrangers comme Veolia (France), MAN (Allemagne), United Technologies Corporation (USA) ou encore Enel (Italie). Les groupes public Sonelgaz (électricité et gaz) et privé Cevital (partenaire de Desertec) comptent réaliser des usines de fabrication de panneaux solaires.

En affichant de fortes ambitions dans le solaire et l'éolien, l'Algérie maintient toutefois le flou sur sa participation aux projets européens de développement des énergies renouvelables comme Desertec ou Transgreen, partie intégrante du Plan solaire méditerranéen (PSM). « Le gouvernement algérien n'a pas à donner son feu vert ou son feu rouge à Desertec, traçons d'abord notre programme et nous discuterons [ensuite] avec l'ensemble des partenaires qui peuvent participer à la réalisation de ce programme, sans exclusion d'aucun partenaire », a déclaré Youcef Yousfi, contredisant ainsi le président Abdelaziz Bouteflika, qui avait dit « oui » à Desertec lors de sa visite officielle en Allemagne en décembre dernier.

En réalité, l'Algérie cherche à mieux négocier sa participation aux projets européens pour éviter que son Sahara ne se transforme en un parc de panneaux solaires, sans aucune contrepartie technologique et financière.

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Commentaires
a écrit le 10/10/2013 à 1:17 :
l'éolien c'est pas du vent?
a écrit le 10/10/2013 à 1:14 :
le soleil d'Allah brille sur le solaire!

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