PPR intensifie sa politique de développement durable

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Copyright Reuters (Crédits : Neale Haynes - PUMA)
Le groupe va repenser le mode de fabrication de tous ses produits. Un chantier titanesque que pilotera Jochen Zeitz, président de Puma et nouveau patron du développement durable de PPR.

Dix ans après s'être imposé une démarche de responsabilité sociale et environnementale, PPR franchit une nouvelle étape. Le groupe présidé par François-Henri Pinault vient de dévoiler une nouvelle ligne de conduite en matière de développement durable (DD). Baptisée PPR Home - allusion au film écolo de Yann Arthus-Bertrand que le groupe a produit en 2009 - elle est censée « établir de nouveaux standards en matière de développement durable et de pratiques professionnelles dans les secteurs du luxe, du sport et de la distribution ». En bref, le groupe promet de désapprendre ses méthodes de travail pour, à l'avenir, faire du « business as unusual ».

PPR va notamment « repenser le développement de ses produits et des activités ». Le groupe veut désormais faire davantage de place à l'éco-conception. Il a signé un partenariat avec Cradle-to-Cradle. Cette association fondée par un chimiste allemand, Michael Braungart, et un architecte américain, William Mc Donough, préconise de concevoir les produits en envisageant, dès l'origine, leur recyclage.

Ce chantier paraît fort ambitieux, voire démagogique, dans un groupe qui, pour l'heure, fait fabriquer ses chaussures Puma chez des sous-traitants en Chine occidentale, doit extraire des pierres précieuses pour sa marque Boucheron et pousse les fashionistas à l'hyper-shopping chez Gucci, Sergio Rossi et Yves Saint-Laurent. S'y ajoutent la volonté de PPR d'atténuer son empreinte écologique, d'améliorer le bien être des populations dans ses sphères d'activité et d'innover dans les solutions de développement durable. Cette initiative relève-t-elle du greenwashing ?

« Créateur de valeur »

« Ce sera un processus très long », a convenu lundi François-Henri Pinault, PDG de PPR, lors de la présentation de cette initiative. « Nous serons confrontés aux critiques et au scepticisme », a ajouté Jochen Zeitz, président de Puma, et président du développement durable de PPR. Mais peu importe. « C'est le propre du changement », philosophe celui dont les convictions écologiques ne peuvent être mises en doute. Passionné par la savane africaine, ce quarantenaire a créé une association au Kenya pour protéger les éco-systèmes en Afrique comme ailleurs. Manifestement, il entend fédérer les 60.000 collaborateurs de PPR autour de sa vision du développement durable et rallier les membres du comité exécutif du groupe PPR, dont une partie de la rémunération varie en fonction de critères DD.

« Je suis persuadé que nous pouvons imposer ce nouveau modèle », assure Jochen Zeiz. De fait, le groupe se présente comme un pionnier. Il entend faire oeuvre de pédagogie pour convaincre que le durable n'est pas une contrainte, mais une chance « pour un monde meilleur ». « Car, le développement durable peut être créateur de valeur », martèle François-Henri Pinault. Puma sera ainsi la première de ses filiales à publier un compte de résultats financier et environnemental, qui mentionnera notamment la consommation en eau et l'émission de CO2 de la marque allemande de sport « avant d'autres critères sociaux ». En outre, le groupe financera des « initiatives internes, des initiatives à but non-lucratif et des investissements à but lucratif », indique-t-il. Il y allouera 10 millions d'euros par an, soit à peine plus de 1 % de ses 965 millions d'euros de résultat net dégagé en 2010.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2011 à 20:59 :
de belles idées qu'on nous apprend en formation, pas facile à mettre en place et surtout à faire perdurer, le développement durable ce n'est pas qu'une question d'idée à mettre sur le papier pour se faire de la pub, il faut mettre en place des actions en collaboration avec tous les acteurs en France comme à l'étranger... à suivre dans le temps en espérant que ça fonctionne

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