Nuages informatiques et réseaux téléphoniques vont gérer les compteurs intelligents

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La gestion de l'énorme masse de données que transmettront bientôt les dizaines de millions de compteurs intelligents installés en Europe s'annonce comme un jackpot : ce marché devrait doubler en 3 ans, passant de 174 millions de dollars en 2010 à 349 millions en 2013, selon une toute récente étude du cabinet IDC . Le MDM (meter data management) connaîtra donc, selon les auteurs de l'étude, la plus forte progression dans le marché des applications pendant cette période.

Ce marché intéresse non seulement les fabricants (Landis+Gyr, Itron, Elster, HP, Alcatel-Lucent), mais aussi les éditeurs de logiciels (Oracle, IBM, OSIsoft...) ainsi que les grands cabinets de services (Accenture, Steria, Atos-Origin...). Mais pour l?instant, IDC souligne qu?aucun leader n?émerge. Le marché est ouvert.
L?UE impose aux pays membres d?avoir équipé 80% des foyers de compteurs intelligents d?ici 2020, et 100 % d?ici 2022. En France, le compteur pilote Linky a été installé dans 300.000 foyers. Le projet pilote doit s?achever à la fin de ce mois avant une généralisation à partir de 2012, qui prévoit la pose de 33 millions de compteurs.

La solution du "cloud"
Pour gérer les données transmises par les compteurs sur la consommation d?électricité, la solution n'est pas forcément dans des serveurs centralisés : les groupes informatiques étudient des systèmes en nuages (mutualisés), permettant des collectes de données plus puissantes, presque en temps réel, et accessibles à des tiers. Et de plus en plus, ce sont les opérateurs téléphoniques et leurs réseaux cellulaires qui sont au coeur du système de transmission des données, plus que l?internet
Notamment en Grande-Bretagne, où le gouvernement a annoncé l?an dernier son intention d?installer 47 millions de compteurs d?électricité et de gaz d?ici 2020 : IBM et l'opérateur téléphonique Cable & Wireless viennent d?annoncer qu'ils allaient mettre en place un réseau en nuage pour connecter les futurs compteurs britanniques, le ?UK Smart Energy Cloud?. Une alliance qui entrera en concurrence avec deux autres consortiums, l?un réunissant Vodafone et British Gas, l?autre Telefonica O2 UK et G4S.
Le système proposé par IBM utilisera le réseau cellulaire de Cable & Wireless pour transmettre les données des compteurs et les rendre accessibles à tous les fournisseurs d'énergie au détail.
Comme le Royaume-Uni a dérégulé l'énergie depuis la fin des années 80, obligeant les distributeurs d'électricité à partager les données envoyées par les compteurs intelligents avec les tiers, et qu?en outre de multiples fournisseurs de compteurs sont en concurrence, le marché britannique des compteurs sera un embrouillamini particulièrement difficile à gérer.
IBM et C&W promettent de collecter les données ?de nombreuses fois dans la journée?. Si le système d?analyse sera en nuage, les données seront elles centralisées dans un centre de données britannique sécurisé.
D'autres opérateurs téléphoniques britanniques ont eux aussi flairé le filon : l?an dernier, Vodafone a annoncé un partenariat avec la compagnie du gaz, British Gas, pour fournir des solutions de connexion par GPRS pour 1 million de compteurs à gaz, et ce mois-ci l?opérateur téléphonique Telefonica O2 UK a dévoilé un contrat de 3 ans avec le groupe G4S Utility Services pour équiper en cartes SIM 200.000 compteurs en Grande-Bretagne. Enfin British Telecom s?est allié au gestionnaire de réseaux Arqiva pour des solutions de transmission de données par radio-fréquence.
En France aussi, les opérateurs téléphoniques se sont également branchés sur les réseaux intelligents : Orange vient de s'allier avec Veolia Eau pour des services de télérelève des compteurs d'eau.

Même implication des opérateurs téléphoniques aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, la start-up E3 Greentech, créée il y a 3 ans, vient de s'allier à AT&T et utilisera son réseau 3G pour son service de "box" d'optimisation de l'énergie des foyers qui, selon la société, peut réduire de 15% la facture des utilisateurs.
E3 Greentech passe des contrats avec des compagnies d'énergie pour installer ses appareils chez les particuliers, une box qui permet de connecter des thermostats, des appareils ménagers et autres appareillages électriques. Sans que le consommateur s'en aperçoive, les appareils baissent discrètement de régime et la consommation d'électricité peut diminuer de 15%, voire de 25% en heure de pointe.
Le système informatique en nuage d'E3 Greentech collecte et traite les données de ses box en temps réel, que ce soit une maison individuelle ou à l'échelle de tout un quartier. Choisir les réseaux de téléphonie 3G au lieu d'internet est aussi le choix d'autres start-up aux Etats-Unis comme EcoFactor et aussi Consert, qui est soutenue par General Electric (qui y a investi 17,7 millions de dollars), Qualcomm et Verizon.
AT&T a déjà fait une percée dans la gestion de l'énergie des foyers. En décembre dernier, la société a racheté le groupe Xanboo, dans une logique qui veut que les téléphones portables peuvent aussi servir à vendre des services. AT&T a également loué ses réseaux à des compagnies d?énergie pour transmettre les données des compteurs intelligents.

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