Les réseaux intelligents nécessitent davantage de coopérations internationales

Dans un rapport, l'Agence internationale de l'énergie préconise une mutualisation des retours d'expérience des projets actuellement en cours.

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Régulièrement évoqués depuis plusieurs années, les « smart grids » n'avaient encore jamais fait l'objet d'une publication de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). C'est chose faite et il y avait urgence. Urgence à déployer des démonstrateurs de taille commerciale et à accroître la collaboration internationale jusqu'à présent quasi inexistante. Car les smart grids sont une pièce maîtresse du dispositif qui doit nous permettre de limiter la hausse des températures à 2 °C d'ici au milieu du siècle. Les réseaux électriques intelligents doivent répondre à de nombreux défis : équilibrer une consommation où les énergies renouvelables (décentralisées et souvent intermittentes) prennent une place croissante et une demande qui explose, surtout dans les pays émergents (+ 500 % en Inde d'ici à 2050) ; des réseaux vieillissants ou embryonnaires peu aptes à gérer ces pics de demandes toujours plus élevés ; l'apparition de nouveaux besoins, dont le véhicule électrique qui devrait représenter 10 % de la demande dès 2050...

D'après l'AIE, les smart grids peuvent contribuer à freiner la hausse des pics de demande de 13 à 24 %, et éviter les émissions de 2 milliards de tonnes de CO2 par an. C'est l'un des seuls chiffres sur lesquels elle s'avance, l'approche étant encore nettement plus « qualitative que quantitative », souligne l'auteur du rapport David Elzinga.

Standards internationaux

Mais si des centaines de projets se développent dans le monde entier, l'AIE regrette qu'ils n'englobent pas tous l'intégralité de la chaîne de l'énergie et que leurs enseignements (technologiques et économiques) ne soient pas mutualisés. L'agence appelle notamment à la création de standards internationaux, nécessaires pour déployer les réseaux plus rapidement et à moindre coût. La réglementation aussi doit évoluer pour permettre cette meilleure collaboration, et aussi pour favoriser la bonne compréhension des besoins et des avantages par l'ensemble des parties prenantes, notamment pour le consommateur. Jusqu'ici, les premières expériences ont rarement permis de démontrer l'avantage tarifaire qui résulterait d'une consommation intégrant les informations des compteurs intelligents.

Côté investissements, le marché seul serait insuffisant au regard des besoins mondiaux, ce qui nécessite une montée en puissance des investissements nationaux, plus efficaces que l'éclatement actuel entre de nombreux acteurs. Certains pays (dont la Corée du Sud, lire ci-dessus) se distinguent par l'ampleur de leurs projets. Malgré des initiatives intéressantes en Italie (qui a déjà déployé 34 millions de compteurs intelligents) ou en Suède, l'Europe, peut-être parce que ses réseaux fonctionnent correctement au contraire des États-Unis ou de l'Asie, semble accuser un certain retard.

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