Transport électrique : les triporteurs Freegônes vont-ils s'imposer dans nos centres-villes ?

Et si des vélos triporteurs à assistance électrique remplaçaient les véhicules utilitaires en ville ? C'est le pari du Freegônes, un engin imaginé par Gérard Têtu, fondateur de Kleuster, qui vient de réaliser sa première levée de fonds. Interview.
Triporteur urbain Freegones - modèle Propreté urbaine
Triporteur urbain Freegones - modèle "Propreté urbaine" (Crédits : Kleuster)

Cleantech Republic : Pensez-vous vraiment qu'un triporteur peut remplacer un véhicule utilitaire ?

Gérard Têtu : Après avoir interrogé les principaux utilisateurs potentiels dans nos villes, nous avons constaté que les besoins se concentrent sur des zones géographiques restreintes, des volumes de l'ordre du mètre cube, et une masse moyenne d'environ 350 kg. Un tricycle à assistance électrique était donc éligible pour peu qu'il soit "designé" intelligemment. Nous avons donc conçu un châssis capable d'accueillir plusieurs modules selon les besoins (benne, plateau, cellule frigo...) et surtout d'embarquer jusqu'à 450 kg de charge utile.

Un sacré enjeu côté sécurité...

Tout à fait. C'est pourquoi nous avons particulièrement travaillé ce point avec plusieurs innovations, dont certaines sont brevetées. Par exemple, notre système d'assistance électrique intègre le poids de la charge et la pente de la route pour moduler l'aide du moteur (ou au contraire retenir le véhicule en descente). Nous avons aussi développé la possibilité de manœuvrer lentement (3km/h) tout en marchant à côté du triporteur : utile pour reculer à quai, ou circuler en toute légalité sur un trottoir. C'est sur ce genre de points que l'on séduit lors des appels d'offres.

Comment voyez-vous l'évolution de ce marché encore embryonnaire et encombré ?

Pour nous, c'est le sens de l'histoire. Electrifier les véhicules existants ne répond qu'à une petite partie des enjeux. Il faut par exemple des engins autorisés à emprunter les pistes cyclables pour ne pas contribuer à la congestion de nos villes. Nous avons identifié trois marchés : la logistique du "dernier kilomètre", les services techniques urbains (espaces verts, propreté), et la "street food". C'est d'ailleurs cette tendance qui pourrait accélérer notre développement à court terme car nous avons identifié plusieurs acteurs majeurs de la restauration classique souhaitant se lancer dans la vente ambulante. Plus globalement, le marché va probablement s'amorcer sur des enjeux de communication, mais se consolider pour les atouts intrinsèques de ces nouveaux véhicules.

Même si les prix sont élevés, comparables à ceux des véhicules classiques, pourtant plus polyvalents ?

Certes, mais ils baisseront avec les volumes. Et même à ces tarifs (ndlr : compter de 16 000 € pour un châssis nu à 35 000 € pour un modèle "food truck" tout équipé), le retour sur investissement est meilleur grâce aux économies d'exploitation. Nous avons par exemple calculé que notre Freegônes est jusqu'à deux fois moins cher en coût total de possession qu'un quadricycle électrique, notamment car la simplicité de la mécanique offre la possibilité d'une maintenance en interne pour les clients. Idem côté opérationnel : un cantonnier par exemple, décuple son activité tout en se fatiguant moins.

Vous venez de lever près de 700 000 €. Est-ce suffisant pour s'imposer en tant que constructeur de véhicules ?

Oui car nous animons un réseau de partenaires et sous-traitants locaux : nous n'avons pas à supporter les investissements d'une chaîne de fabrication. Les fonds seront donc essentiellement dédiés à la production de notre première présérie, notamment pour équiper la Direction de la Propreté du Grand Lyon, qui va tester quatre Freegônes sur le long terme. Nous devons également finaliser des développements techniques comme notre cellule de transport frigorifique... Et surtout nous allons pouvoir commencer la commercialisation, avec en ligne de mire une centaine de ventes en 2015, pour filer vers notre équilibre, qui s'établit entre 150 et 200 machines par an. Raisonnable car nous nous lançons directement à l'étranger : le Freegônes répond facilement aux normes en vigueur dans chaque pays, et se conduit aussi bien à droite qu'à gauche. Et sans permis !

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EMD/Kleuster en bref...

  • Création : 2012
  • Siège : Lyon
  • Financement : 500 000 € en amorçage puis 1ère levée de fonds fin 2014, 682 000 € auprès de Crédit Agricole Régions Investissement et d'investisseurs privés
  • Prix : entre 16 000 € (châssis nu) et 35 000 € selon les option

Cleantech Republic

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Commentaires 21
à écrit le 04/12/2019 à 15:41
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Demande de devis les triporteurs Freegônes

à écrit le 14/02/2015 à 14:15
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Ce triporteur modulaire apparaît bien adapté et finalisé aux besoins actuels des opérateurs de services en recherche d'une solution d'éco mobilité. Belle innovation car la conception d'un produit comme celui là n' est pas simple et de nombreux constr...

à écrit le 13/02/2015 à 19:27
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Intrigué par cet utilitaire, je viens d'aller voir les fiches techniques et je suis impressionné de ces performances. En plus ce véhicule semble être conçu en grande partie en France. Beau projet industriel.

à écrit le 13/02/2015 à 11:35
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Cet utilitaire fait plaisir à voir car il semble avoir tous les atouts d'un quadricylcle sans les inconvénients. A la différence de certains commentaires mesquins, je pense que ce produit aura surtout un bel avenir en France mais aussi au dela de nos...

à écrit le 13/02/2015 à 11:22
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> Il faut par exemple des engins autorisés à emprunter les pistes cyclables pour ne pas contribuer à la congestion de nos villes. Mais bien sûr… Laisser rouler sur les minuscules pistes cyclables françaises des tricycles énormes de 450kg, en vo...

à écrit le 13/02/2015 à 9:24
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Et bien je plaids celui qui me livrera mes 500kg de béton...

le 13/02/2015 à 11:23
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En même temps, des livraisons comme ça représentent quel pourcentage du total sur une année?

à écrit le 12/02/2015 à 16:43
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Le triporteur électrique est bien le transport urbain du futur, pour les marchandises et les personnes, pour ceux qui se posent encore la question !

le 13/02/2015 à 9:27
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Je ne crois pas moi. Les inconvénients de la voiture et ceux de la moto... Si les pizzaiolo ont pris le choix de la mobylette c'est pas pour rien... Ce transport pourra servir seulement aux postiers. Pour les livreurs y a peux de chance je les vois m...

le 13/02/2015 à 11:22
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Renseignez vous sur ce projet plus en détail cher ami et vous serez étonné de l'avancée technologique qu'il intègre tant en terme de performance que de sécurité. Pour votre information, le Freegones ne cible pas le marché des pizzaiolo, ni des postie...

à écrit le 12/02/2015 à 15:02
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Ce véhicule semble présenter de nombreux atouts ! Ou peut on le voir ? Expos, Salons ?

à écrit le 12/02/2015 à 14:51
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Bravo à l'équipe de Kleuster pour ce projet audacieux ! Le véhicule est magnifique. On a hâte de les voir dans nos centres villes !

à écrit le 12/02/2015 à 14:44
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Le Freegônes semble très conçu et réunir toutes les attentes des professionnels qui en feront usages. En effet, notre société a tenté de s'équiper de tels vehicules auparavants mais leur charge utile étaient beaucoup trop limités. Avec les restrictio...

à écrit le 12/02/2015 à 14:33
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Super projet & très beau design !

à écrit le 12/02/2015 à 12:06
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C'est du n'importe quoi, franchement qui es qui va acheter cette cochonnerie (16000 à 3500) ils peuvent bien rêver.

le 12/02/2015 à 13:44
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T'as pas lu que c'est encore avec l'argent des contribuables que ces véhicules vont être achetés à prix d'or.

le 12/02/2015 à 14:32
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Bravo à l'équipe d'EMD pour ce très beau projet de fabrication française. Son positionnement sur des charges utiles autour de 450 Kg me semble en effet, très pertinent et répondre à l'attente de nombreux professionnels dont je fais partis. Toujours r...

le 12/02/2015 à 14:37
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Messieurs, Avant de critiquer un tel projet, je vous invite à monter un projet industriel par vous même, à le défendre face à des investisseurs et à vous payer en dessous du SMIC pendant 5 ans ... Je suis passé par là et j'ai connu des gens crit...

le 13/02/2015 à 9:30
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Parce que vous croyez à ces 450kg? Et les batteries elles vont tenir combien de seconde a ce poids là??? Après vous faites quoi? Vous pédalez essayez de pousser une remorque chargé vous abandonnerez vite les routes qui monte et même à moins de 1% alo...

le 13/02/2015 à 11:29
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Oui j'y crois car je l'ai vu à Pollutec. La conception a été très bien pensée. Les batteries disposent d'un BMS. Ce produit a attiré toute l'attention des industriels lors du Salon. Arrêtez de descendre un produit systématiquement sans l'avoir vu ! P...

à écrit le 12/02/2015 à 11:49
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Bravo, a installer aux portes de Paris au niveau du périf !

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