L'agriculture veut devenir vertueuse

Les agriculteurs qui ont amélioré leurs pratiques environnementales recevront d'ici à 2013 des certificats d'économie d'énergie.
(Crédits : dr)

Souvent montrée du doigt pour ses conséquences néfastes sur l'environnement, et responsable de 19 % des émissions de gaz à effet de serre, l'agriculture veut s'acheter une conduite. Les chambres d'agriculture profitent du sommet de l'ONU sur le climat, qui se tiendra à Copenhague début décembre, pour exposer leurs initiatives en la matière.

Leur ambition est de rendre leurs exploitations agricoles le plus vertueuses possible d'un point de vue environnemental. Il ne s'agit pas seulement de réduire leur facture énergétique, mais aussi de « valoriser la capacité des exploitations à capter le CO2 via la biomasse et la matière organique des sols, et à exploiter les énergies renouvelables », explique Didier Marteau, président de la commission environnement des chambres d'agriculture.

Ainsi, ces dernières se sont dotées d'un outil d'évaluation, « Planète », permettant de réaliser un diagnostic énergétique de l'exploitation, actuellement testé dans 3.000 établissements. Tous les postes de consommation d'énergie (alimentation des animaux, fertilisation, carburants, électricité) sont passés au crible pour obtenir un état des lieux et déterminer le bon niveau d'intervention, sachant que seul un ensemble de solutions donnera des résultats significatifs sur le bilan énergétique. Les premiers résultats seront communiqués l'année prochaine. Les chambres d'agriculture ont prévu de délivrer 100.000 certificats d'économie d'énergie (CEE) d'ici à 2013. En fonction des kilowattheures économisés, les CEE sont délivrés à toute personne physique ou morale (association, collectivité, entreprise?) qui réalise des économies d'énergie. La structure peut alors les revendre à ses fournisseurs d'énergie.

Pour aider les agriculteurs à améliorer leurs pratiques, diverses solutions sont testées dans les fermes expérimentales dont disposent les chambres d'agriculture dans tout l'Hexagone.

La ferme de Derval (Loire-Atlantique) travaille ainsi à la conception d'une « laiterie économe », qui prend tout son sens au regard de son poids (80 %) dans la consommation électrique d'une exploitation (l'électricité compte pour 20 % des dépenses totales d'énergie). Divers réajustements (isolation de la laiterie, récupération de la chaleur du lait ? 35 oC  ? venant d'être tiré, ventilation du système de refroidissement du réservoir à lait?) ont permis de réduire la consommation d'électricité de 24 à 27 kWh par litre de lait produit à 15 kWh.

Autre piste testée à Derval, la substitution des engrais par des légumineuses telles que la luzerne ? qui capte dans ses racines l'azote de l'air pour le restituer dans le sol et l'enrichir naturellement. Enfin, les exploitations sont appelées à devenir des lieux de production d'énergies renouvelables : solaire (panneaux photovoltaïques sur les bâtiments agricoles), mais aussi méthanisation (recyclage des résidus de récolte, de déchets, de bois pour alimenter des chaudières) et biocarburants.

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