Bouygues Immobilier veut multiplier les bureaux écolos

La première livraison d'immeuble Green office est prévue en 2011. Des permis de construire ont été déposés pour deux bâtiments à Nanterre et à Rueil- Malmaison, et trois autres sont à l'étude.
(Crédits : Michel Montagut / bouygues immobilier)

Engagé dans la course aux bâtiments à énergie positive, capables de produire plus d'énergie qu'ils n'en consomment, Bouygues Immobilier assure qu'il pourra livrer son premier immeuble Green Office de Meudon dans les Hauts-de-Seine, au premier semestre 2011. Il a déposé des permis de construire pour deux autres Green Office à Nanterre et à Rueil-Malmaison, et en étudie trois autres à Saint-Denis, Nantes et Bordeaux.

Le marathon vers l'énergie positive s'impose à la filière bâtiment : la loi Grenelle de l'environnement oblige à ramener la consommation des bâtiments neufs en énergie primaire (nécessaire pour produire l'énergie consommée au final) de 105 kWh par mètre carré et par an à 50 en 2012 et à? 0 en 2020. Ce qui passe par un changement complet de conception. « Pour y parvenir, il faut pouvoir jouer sur l'exposition de l'immeuble, de manière à l'orienter de façon optimale. Les façades sont aussi capitales. Les immeubles tout en verre, prisés dans les années 1990, sont clairement obsolètes. Pour autant, Green Office ne doit pas être trop épais pour ne pas avoir à éclairer de manière excessive », détaille le directeur général délégué de Bouygues Immobilier, Éric Mazoyer. De même, la climatisation, gourmande en électricité, n'est plus de mise. « Pendant des années, on a construit des immeubles très hermétiques dans lesquels on injectait du froid. À présent, leur carapace doit devenir respirante : en fonction des variations de température, des ventelles vont plus ou moins s'ouvrir et se refermer. »

Green Office sera donc piloté par informatique. « Nous avons mis au point un logiciel qui adapte la configuration de l'immeuble en fonction des conditions climatiques. Si le soleil est intense, l'ordre sera donné de descendre les stores pour éviter d'avoir à faire appel au régime de renouvellement d'air. La fermeture des stores sera contrôlée pour ne pas avoir pour autant à diminuer les apports de lumière », indique-t-il. Cette fonction de monitoring n'en est toutefois qu'à ses débuts. « Les technologies pour contrôler et améliorer le bilan énergétique du bâtiment s'il dérive par rapport aux estimations initiales sont encore en évolution », relève le directeur du développement en immobilier d'entreprise chez Bouygues Immobilier, Marie-Annick Le Bars. Signe de cet enjeu, Intel a rejoint le GIE enjeu énergie positive, sorte de « think tank » fondé par le promoteur.

Autre complexité, « le choix des énergies renouvelables appropriées pour produire de l'énergie ? solaire thermique ou photovoltaïque, éolien, géothermie ? doit être fait site par site, sachant que leur intégration au bâtiment et leur optimisation ne sont pas toujours aisées », note-t-elle. À cet égard, à ceux qui critiquent Green Office au motif qu'il s'agit d'un immeuble bardé de photovoltaïque, le promoteur répond qu'il est impossible de parvenir à produire de l'énergie sans ces panneaux. Au demeurant, Green Office Meudon comportera également une chaudière à cogénération, fonctionnant à l'huile végétale, qui fera tourner une petite turbine produisant de l'électricité consommée par le bâtiment.

« 60 % d'énergie en moins »

Mais cet immeuble trouvera-t-il son marché alors que le coût de construction sera de 18 % supérieur à celui d'un immeuble équivalent répondant à la réglementation thermique 2005 ? « Comme Green Office consommera 60 % d'énergie de moins qu'un immeuble ordinaire et que l'économie de charges réalisée atteindra environ 15 euros par mètre carré et par mois, un investisseur qui se porterait acquéreur de l'immeuble pourra augmenter de 15 % le loyer qu'il demande à l'entreprise utilisatrice des locaux. Ainsi, vu le marché locatif à Meudon, l'investisseur pourra proposer un loyer de 235 euros par mètre carré et par mois compte tenu du niveau de charges contre 220 euros pour un immeuble classique », répond Éric Mazoyer. Une équation financière qui reste tout de même à prouver.

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