L'hydroélectricité offre une énergie propre à fort potentiel

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La filière s'est réunie début mai autour du thème « L'hydraulique, fer de lance du développement durable ».

Le 4?mai dernier, les principaux acteurs du secteur étaient réunis dans la capitale des Alpes pour démontrer le potentiel de l'hydroélectricité face à la demande énergétique croissante. Depuis Aristide Bergès, ingénieur à l'origine de l'exploitation de l'énergie hydroélectrique au xixe?siècle, la houille blanche n'a cessé de se développer en Isère. Le département compte des acteurs nationaux de premier plan, réunis au sein d'Hydro 21, association qui développe des synergies entre industriels, bureaux d'études, écoles d'ingénieurs, université et laboratoires. «?Alors que les filières éolienne ou photovoltaïque sont en cours de formation, l'hydraulique, déjà très solide et bien implantée, est amenée à se développer encore?», a souligné Roland Vidil, président de Hydro 21.

Le numéro un mondial des turbines hydrauliques, Alstom Hydro, emploie 480 salariés en Isère où il possède le plus grand centre de R&D en hydroélectricité au monde. «?Grenoble dispose d'une expertise et de compétences dont nous avons besoin?», a expliqué Maryse François-Xausa, vice-présidente d'Alstom Power Hydro. Une centaine d'ingénieurs et de docteurs spécialistes de l'hydraulique sont formés chaque année à l'Ense3, école d'ingénieurs spécialisée dans les sujets énergie, eau et l'environnement. Outre Sogreah, société grenobloise de conseil et d'ingénierie qui compte 400 salariés dans la région, des PME comme Hydrologic ou H3E et des start-up comme Hydrowide sont aussi présentes. Côté distribution électrique, EDF exploite en Isère trois des dix plus grands barrages français (Grand'Maison, Le Cheylas et Monteynard), soit le quart de la production française et 15 centrales hydroélectriques de Gaz et Électricité de Grenoble satisfont 18?% de la consommation annuelle d'électricité de la ville.

À l'échelle mondiale, la filière, en progression d'au moins 2?% par an, pèse 16 à 18?% de la production d'électricité, soit 2.750 TWh. C'est de loin la plus importante source d'énergie renouvelable. En France, elle fournit 93?% de la production d'électricité «?verte?». Avec un coût de production entre 30 et 60?euros/MWh, ses meilleurs sites rivalisent avec les centrales nucléaires ou thermiques les plus récentes.

Éviter les émissions de CO2

Autre atout, «?l'hydraulique, avec ses réserves immédiatement disponibles, permet de faire face aux pics de consommation, dans un contexte d'offre et de demande plus complexe depuis l'introduction des énergies éolienne et photovoltaïque?», a précisé Didier Zone, directeur du Réseau de transport d'électricité pour l'Auvergne et Rhône-Alpes. Enfin, dans l'Union européenne, le surcoût pour les énergéticiens des émissions de CO2 joue en sa faveur. En France, l'hydroélectricité permet d'éviter 55 à 70?millions de tonnes d'équivalent CO2 par an, soit 10?% à 12?% des émissions nationales. En outre, la filière cherche à réduire encore des impacts environnementaux déjà faibles, grâce au recyclage des matériaux, à des retenues plus modestes ou des turbines à basse vitesse. «?Auparavant, à la conception d'un projet, on faisait des études d'impact en envisageant des mesures compensatoires?», se souvient Denis Bertel, directeur environnement urbain et industriel chez Sogreah. «?Depuis quelques années, on prend en compte le développement durable très en amont et tout au long du cycle de vie du projet.?» La réglementation et les critères de financement de projets, de plus en plus exigeants, participent de cette évolution, également souhaitée par une profession engagée. «?Nous envisageons toutes les alternatives possibles pour ne retenir que les projets très rentables avec un impact environnemental faible?», résume Denis Bertel. n

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