À Issy-les-Moulineaux, un écoquartier allie géothermie et domotique

La ville lance la reconversion d'un ancien fort en quartier d'habitation.
(Crédits : dr)

Après avoir longtemps surfé sur le numérique, en cherchant à donner à sa ville une image de commune à la pointe des technologies de l'information, André Santini, le « cybermaire » d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), fait sienne la mode du développement durable. Il a remis au goût du jour « une petite affaire qui traînait depuis quatorze ans ». Il s'agit de reconvertir en quartier d'habitation un fort militaire du XIXe siècle situé sur les hauteurs de la ville, en « éco-quartier » de 1.538 logements sur 12 hectares avec l'ambition d'« allier nouvelles technologies et respect de l'environnement ».

Fort d'Issy, qui a été porté mardi sur les fonts baptismaux et dont la ville assure que c'est le premier écoquartier à avoir reçu le label Ecopolis imaginé par la commission Attali, promet à ses futurs habitants des appartements « intelligents et économes en énergie », livrés à partir de 2013. En fait, il s'agit d'abord d'une opération d'urbanisme très singulière, puisqu'il a fallu retirer du site les derniers obus qui s'y trouvaient. Soucieux de « transformer une forme fermée en un quartier moderne et ouvert sur la ville », le cabinet Architecture Studio, qui avait remporté dès 2000 le concours lancé à la suite de la cession du fort par le ministère de la Défense, a réussi à épouser avec bonheur la forme de l'ancien fort en combinant plusieurs types d'immeubles.

6.200 euros du mètre carré

Le souci de la protection de l'environnement n'en est pas moins bien présent. Les quatre promoteurs chargés de commercialiser les logements (Bouygues Immobilier, BNP Paribas Immobilier, Kaufman & Broadroad et Vinci Immobilier) se sont engagés à ce que ces derniers répondent à la norme Bâtiment basse consommation et ne dépassent pas une consommation de 65 kWh/m2/an en énergie primaire [nécessaire pour produire l'énergie consommée au final, Ndlr]. Deux puits de géothermie seront creusés pour satisfaire « plus de 60 % » des besoins énergétiques par des énergies renouvelables. Les logements seront isolés par l'extérieur pour éviter les ponts thermiques [ruptures dans l'isolation, Ndlr] et dotés de système d'information en temps réel sur les consommations d'eau ou d'électricité. Une fois déposés dans des bornes au pied des immeubles, les déchets seront convoyés de manière automatique afin d'éviter le passage de camions. Enfin, une ligne de bus électrique desservira le nouveau fort.

Reste que les 1.209 logements en accession à la propriété seront vendus à 6.200 euros du mètre carré. A ce prix, les écoquartiers risquent d'être l'apanage des ménages aisés, et de contribuer à créer une fracture environnementale dans la société française. Un problème contrebalancé par la construction au sein du quartier de 329 logements vendus à deux bailleurs sociaux (SNI et Effidis).

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