La folie Airbnb gagne Toulouse, quel impact sur le marché traditionnel ? (2/2)

Béatrice Girard
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À Barcelone, New York ou Paris, la formule Airbnb n'a pas que des adeptes. Dans ces villes, destinations touristiques de premier choix dans lesquelles le marché immobilier est inabordable, le mode d'hébergement Airbnb s'est développé vitesse grand V, puis transformé au fil des mois en une véritable aubaine pour les locaux. Certains y voient un moyen d'arrondir leurs fins de mois et d'alléger parfois un crédit immobilier un peu lourd. D'autres un nouvel eldorado qui leur permet de rentabiliser toute l'année une adresse haut de gamme. À Paris, la tendance a pris de telles proportions que, dans les quartiers les plus touristiques, nombre de logements proposés jadis à la location dans le marché traditionnel sont devenus, ni vu ni connu, des meublés touristiques. Pour enrayer le phénomène, la Mairie traque désormais les loueurs qui ont changé illégalement l'usage de leur bien sans collecter la taxe de séjour.
Qu'en est-il à Toulouse ? Si de telles proportions ne sont pas encore atteintes, la colère monte. Ainsi, Frédéric Michel, le président de la branche hôtellerie de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) 31, est parti en guerre il y a déjà plusieurs mois contre ce qu'il qualifie de "concurrence déloyale".
Les hôteliers toulousains ne sont pas en mesure pour l'heure de chiffrer l'impact de ce phénomène, mais ils brandissent des chiffres faisant état d'une baisse des prix de 2,8 % en 2014 dans leurs établissements. De même, le revenu par chambre disponible (RevPar), qui fait référence dans la profession, a baissé de 3,1 % pendant la même période à Toulouse. Selon l'hôtelier, le phénomène Airbnb capte la clientèle d'affaire comme de loisirs et ce sont surtout les petits hôtels du centre-ville qui en souffrent. La hausse de la taxe de séjour, votée par la Mairie de Toulouse en janvier dernier et effective depuis le mois d'avril, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Béatrice Girard