Sylvain Barfety, l’autre façon de construire la ville

Béatrice Girard
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Derrière un CV très classique (Kedge Business School, Sciences Po Bordeaux), Sylvain Barfety cache un parcours à tiroirs qui lui a déjà fait faire le tour du monde. "Je suis né en Ardèche et j'ai grandi à Munich, mais avec ma tête de Turc je ne me sentais pas du tout Allemand ! Dès que j'ai eu l'âge de gagner quatre sous, j'ai pris le large", plaisante-t-il. Il raconte son premier périple marquant, "la traversée du désert marocain avec une caravane de berbères et un sac sur le dos. J'avais 16 ans, je suis parti avec des boutons et revenu sans !" Suivront Madagascar, le Togo, le Bénin... puis 12 ans passés entre l'Afrique et la Nouvelle-Calédonie à faire du développement économique.
Aujourd'hui âgé de 41 ans, celui qui a posé ses valises à Toulouse en 2016 a gardé de ses années de terrain la poignée de main franche, le look décontracté et un contact chaleureux. "Il raconte excessivement bien les histoires, c'est un bon communicant, mais pas seulement", assure Mehdi Assouni chef d'entreprise toujours installé en Nouvelle-Calédonie et son ami depuis l'école de commerce. "À 20 ans, je me rêvais en businessman et lui en sauveur du monde. Il parlait déjà d'économie circulaire, d'écologie et de développement durable, d'ailleurs il ne se reconnaissait pas vraiment dans cette école de 'fils à papa' où il qualifiait les enseignements de superficiels."
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Une fois diplômé, Sylvain Barfety consacre alors une année à apprendre l'arabe maghrébin, puis s'envole pour Lagos au Nigéria dans le cadre d'une mission de volontariat international en administration. Venu pour structurer la chambre de commerce franco-nigériane, il en devient le directeur au bout de quelques mois, à seulement 23 ans. Il y croise à cette époque un certain Emmanuel Macron, alors stagiaire à l'ambassade de France d'Abuja. "Lagos, c'était l'antichambre de l'enfer, la ville la plus violente d'Afrique, mais aussi la capitale économique et culturelle du Nigéria. Dans ce pays, l'un des plus peuplés d'Afrique et le plus riche après l'Afrique du Sud, je me suis retrouvé à connecter entreprises françaises et nigérianes au moment de l'ouverture du marché de la téléphonie mobile..." Une mission qui devient vite difficile à concilier avec ses idéaux. "J'étais un peu rebelle et, de principe, je refusais de serrer les mains de certains généraux de l'ancienne dictature militaire, reconvertis en chefs d'entreprises." La situation devenue intenable, il rentre en France, puis s'accorde quelques semaines de vacances en Nouvelle-Calédonie, tombe sous le charme de l'archipel et n'en rentrera qu'onze ans plus tard.
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