Pour concurrencer les Fintech, les banques doivent-elles investir... dans les Fintech ?

Florine Galéron

Florine Galéron
"Bien sûr que nous sommes inquiets, nous sentons bien la menace arriver", finit par lâcher Philippe Chanez après quelques minutes de débat. Le responsable innovation de la Banque Populaire Occitane était invité ce mercredi 24 juin à débattre à l'occasion du 15e salon de la Mêlée numérique face à des jeunes pousses de la finance sur le thème : "Tous banquiers ? Quel avenir pour les banques?".
Représentant d'une des banques traditionnelles les plus implantées en Midi-Pyrénées, Philippe Chanez doit faire face à la cruauté des chiffres : depuis la crise des subprimes, la défiance à l'égard des banques s'est accrue. 65 % des Français ne font ainsi pas confiance aux institutions bancaires (TNS Sofres, 2013).
Et ce n'est pas tout. Frappées de plein fouet par la révolution numérique, les banques doivent aussi faire face à l'arrivée de nouveaux acteurs sur leurs plates-bandes, les Fintech. Ces startups se sont positionnées sur les services financiers et connaissent un beau succès, à l'image des Toulousains Wiseed (crowdfunding) et Payname (solution de paiement en ligne).
Le marché se transforme donc en profondeur, et les pratiques aussi :
Devant ce constat, le PDG de la banque espagnole BBVA Francisco González estime dans un livre blanc intitulé Banque digitale : les Fintech cannibalisent les banques que, d'ici à 10 ans, et à l'échelle mondiale, seulement une centaine d'acteurs bancaires résisteront à cette déferlante numérique.
L'agence bancaire physique est-elle alors vouée à disparaître ? Philippe Chanez, de la Banque Populaire Occitane ne veut pas y croire : "Qu'on m'explique alors pourquoi la banque en ligne ING Direct commence à ouvrir des agences physiques !", répond-il du tac au tac. Mais le cofondateur de Wiseed Thierry Merquiol observe de son côté une vraie fracture générationnelle des usages :
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Du côté de la Banque Populaire Occitane, Philippe Chanez revendique le modèle de l'institution "avec à la fois un ancrage territorial avec 216 agences physiques et une renommée à l'international avec BPCE".
Les banques traditionnelles s'intéressent d'autant plus aux Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) que ces dernières sont assises sur une montagne de données. Apple détient à lui seul plus de 800 millions de données de ses clients. Cette évolution oblige les acteurs bancaires à penser de manière différente. Pour Benoit Legrand d'ING Direct:
Pour s'adapter au marché, les banques essaient parfois de s'associer, voire d'entrer au capital des Fintech. À l'image du Crédit Coopératif qui a signé en janvier dernier un partenariat avec Wiseed pour financer les startups. En s'associant avec les banques, les startups courent néanmoins le risque de perdre le pouvoir sur leur activité, de voir leur développement stoppé. Nicolas Marchandise, président de la startup d'épargne en ligne Advize est de cet avis et fait le parallèle avec l'émergence des banques en ligne à la fin des années 90 :
Certaines banques mutualistes laissent néanmoins s'épanouir ces startups :
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Tous les participants de la table ronde s'accordent enfin sur un point : les Fintech devront elles aussi s'adapter à la concurrence numérique. Le PDG d'ING direct conclut : "Il y a aujourd'hui 50 plateformes de financement participatif en France, la question de la taille critique va se poser."
Florine Galéron
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