Europlasma revoit la vie en rose

Jean-Philippe Dejean

Jean-Philippe Dejean
"Nous pensions lever 14,8 M€ en numéraire et visions la transformation en capital de 13 M€ de prêts. Or l'augmentation de capital s'est soldée par une levée de 22,2 M€ de liquidités, tandis que la conversion de prêts relais a atteint 13,7 M€ ! La priorité était de désendetter le groupe et cet objectif est atteint, grâce à la conversion des prêts. D'autre part, la sursouscription nous apporte de nouveaux moyens. Il fallait que ça passe ou que ça casse et je suis vraiment content que ça passe" se réjouit Jean-Eric Petit, arrivé aux commandes opérationnelles d'Europlasma en janvier dernier et qui, en plus des 14,8 M€ prévus, dispose désormais d'un bonus de 7,4 M€.
En même temps que le résultat de son augmentation de capital, le groupe landais, coté en bourse, publie ses comptes semestriels. Et un simple coup d'œil sur les chiffres suffit à comprendre le soulagement de Jean-Eric Petit.
Lesté par un endettement net de 18,2 M€, Europlasma a réalisé un chiffre d'affaires de 4,7 M€ au 30 juin dernier pour une perte (part du groupe) de 7,9 M€. Jusque-là pas de quoi voir l'avenir en rose! Le groupe landais, spécialisé dans les technologies propres avec la vitrification de l'amiante par torche à plasma (Inertam) et la production d'électricité par gazéification de déchets et de biomasse (Cho Power), qui fonctionne encore comme une startup, est ainsi passé à deux doigts de la catastrophe. En plus de la reprise en main financière du groupe qui était vitale, Jean-Eric Petit veut visiblement sortir au plus vite Europlasma de ce stade primaire de l'entreprise innovante.
Si les 13,7 M€ de conversion de prêts relais en capital doivent permettre de ramener l'endettement à zéro, l'affectation des fonds levés n'est pas encore décidée. Parmi les éléments acquis, Europlasma va investir 4 M€ d'ici fin 2015 dans la société qui doit développer, à Thouars (79) moyennant un investissement de 40 M€, la deuxième unité de Cho Power, dont trois autres modèles devraient être construits en France, probablement en Bretagne. Déjà présent, via sa technologie, au Japon et bientôt en Bulgarie, Europlasma pourrait mettre l'accent sur cette stratégie à l'export dans les prochains mois.
S'il reste encore beaucoup de chemin à faire, en particulier pour relancer le chiffre d'affaires et le résultat net du groupe à des niveaux convenables, Europlasma vient de valider le ticket qui lui assure un nouveau futur.
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Jean-Philippe Dejean