Anbosyn peut-il aider à vaincre le burn-out par KO ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Aujourd'hui, il est inutile de le chercher dans les rayons des pharmacies de France, l'Anbosyn est en rupture de stock depuis quelques jours et il ne refera sa réapparition que demain, mercredi. En janvier, 10.000 boîtes se sont arrachées, 10.000 sont d'ores et déjà commandées. Le laboratoire a dû doubler sa capacité de production. Initialement fabriqué à Sofia Antipolis, l'Anbosyn va également être produit par un deuxième labo français, situé à Bordeaux.
Le succès de ce complément alimentaire s'explique sans aucun doute par l'ampleur du phénomène de l'épuisement professionnel qu'on appelle, dans sa situation la plus grave, le burn-out. S'il n'est pas du tout présenté par le laboratoire Victa (Reims) comme un produit miracle qui à lui seul peut enrayer ce qui ressemble de plus en plus à un fléau, un mal du siècle, Anbosyn (pour Anti Burn-OBurnut Syndrom) a ceci d'atypique par rapport aux compléments alimentaires généralement disponibles sur le marché qu'il a été soumis à une année d'essais cliniques, suivie d'une autre année de conception, de réception du protocole, de la soumission au ministère, la rédaction du rapport clinique de 347 pages... au total, deux années de travaux avant la mise en vente.
Et c'est un professeur bordelais, le docteur Jacquet, du département de pharmacologie clinique de l'université Victor-Segalen de Bordeaux, qui s'est collé à cet exercice.
Au bout de 12 semaines de traitement, associé à un important temps de parole pour tous les candidats du test, "nous avons constaté une importante différence. Certaines des personnes sous placebo allaient mieux, vraisemblablement grâce à l'écoute du suivi psychologique, mais c'est chez les personnes prenant l'Anbosyn que les résultats ont été spectaculaires. L'amélioration du moral, du sommeil, de la forme générale et de la gestion du stress professionnel a été radicale pour ces personnes-là. Je tiens à préciser que les volontaires sous antidépresseurs n'étaient pas admis dans l'essai, et leur prise pendant l'essai était une cause d'exclusion... ce qui s'est produit pour un seul volontaire", précise Alain Jacquet.
Pas question pour autant de conclure au produit miracle. La béatification attendra.
Une étude dont le protocole a été validé par le comité de protection des personnes et qui a été conduite avec la même rigueur que pour un médicament afin de pouvoir répondre aux incontournables doutes des patients... et des professionnels de santé.
Cet espoir s'est traduit dans les chiffres de ventes. Mise sur le marché en janvier 2015, l'Anbosyn, vendue 29 euros la boîte, a pulvérisé tous le business plan du laboratoire.
Le succès commercial, même inattendu, rencontré auprès des Français, va justifier l'extension de la mise à disposition du produit dans d'autres pays. La Suisse, le Royaume-Uni figure parmi les marchés cibles de Victa qui a mis au point une stratégie de commercialisation et de relation-client originale.
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Pascal Rabiller