Laurent Alexandre : "Le tsunami technologique est là, et rien n'est prêt"

Céline Lanusse

Céline Lanusse
Ainsi Laurent Alexandre, urologue, président de la société belge DNAVision, leader en Europe dans le domaine du séquençage de l'ADN, fondateur du site Doctissimo, introduit-il son intervention, lors du Sommet économique du Grand Sud, sur les bouleversements qui nous attendent avec le développement exponentiel de l'innovation.
"Le tsunami technologique auquel nous assistons demande des réponses économiques, morales, éthiques... et rien n'est prêt. C'est un choc à la fois technologique et psychologique", marqué par le développement des Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple), des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et cognitique), de l'idéologie humaniste et de l'émergence de la zone Asie Pacifique.
Abordant la démarche des transhumanistes, il prévient que "on ne descend pas de la révolution technologique comme on descend d'un train. Tous les milliardaires intellectuels de la Silicon Valley donnent des milliards à la lutte contre la mort. L'espérance de vie croît actuellement de trois mois par an, l'espoir des transhumanistes est qu'elle augmente de un an par an, ce qui de facto nous rendrait immortels." Laurent Alexandre rappelait que personne n'avait vu arriver Google dans la médecine :
L'homme 2.0 arrive, la réalité des implants cérébraux pour nous augmenter n'est plus à démontrer :
Des évolutions impliquant des craintes éthiques importantes par rapport à un eugénisme 2.0 qui s'annonce.
"Nous sommes de toute évidence en plein renouveau de l'eugénisme - "Je ne comprends pas que les gens n'aient pas peur de l'intelligence artificielle", nous dit Bill Gates -. Une prise de sang permet de voir tout l'ADN, ce qui était impossible il y a cinq ans", précise-t-il, évoquant le programme de séquençage des surdoués en Chine, avec sélection des embryons. "Nous sommes à la veille de problèmes éthiques absolument immenses." Le citoyen est-il capable de dire stop ?
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"L'idée que le premier homme qui vivra 1.000 ans est déjà né est une idée centrale chez Google." Mais il est possible de réagir : "La contre-révolution n'est pas impossible. Certains proposent de casser Google en morceaux." Faut-il pour affronter cette révolution technologique changer nos élites politiques ? Oui, répond Laurent Alexandre : "On compte sur les doigts d'une main les hommes politiques qui comprennent les enjeux technologiques, estime-t-il en citant en exemple le président de la Région Aquitaine Alain Rousset ("Il va falloir concevoir, organiser, préparer les nouveaux métiers : personne n'a une démarche aussi mûre que cette région") ou encore le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.
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