En Aquitaine, la batterie du futur fédère de grands groupes

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Alain Rousset était le 8 juillet dans les locaux de l'ENSCPB (Ecole nationale supérieure de chimie et de physique de Bordeaux), en compagnie de Thierry Le Hénaff, PDG d'Arkema (5,9 Md€ de chiffre d'affaires - 14.280 salariés), Karim Zagrib, président de SCE France, à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), filiale d'Hydro-Québec, et Florence Lambert, directrice au CEA Tech Grenoble de Liten (Laboratoire d'innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux).
Trois conventions de coopération, entre la Région, Arkema, Hydro-Québec et le CEA Tech ont été signées à cette occasion. Le projet porté par SCE France consiste notamment à développer des batteries capables de stocker dix fois plus d'énergie que les modèles existants et de recharger les véhicules électrique aussi rapidement que l'on fait un plein d'essence.
Dans ce dossier porteur d'une innovation de rupture, Alain Rousset joue l'homme-orchestre, décidé à mobiliser un maximum de compétences technologiques et de moyens financiers sur le sujet. SCE France est née du rapprochement de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (Ireq), le géant québécois de l'énergie (8,8 Md€ de chiffre d'affaires -20.243 salariés), avec Powertrend Energy Conversion, la jeune entreprise créée à Lacq par deux ingénieurs français, Alain Jullien et Denis Lagourgue, qui sont à l'origine de ce projet innovant.
Un volontarisme économique régional salué par Thierry Le Hénaff.
La chimie joue un rôle déterminant dans le fonctionnement des batteries et l'expertise d'Arkema apporte au projet une indiscutable robustesse. Le CEA Tech, engagé dans la recherche sur les batteries du futur depuis une vingtaine d'années, entame en Aquitaine sa troisième phase de développement dans ce domaine, a souligné Florence Lambert.
Karim Zaghib a de son côté rappelé que les liens entre Hydro-Québec et le CEA sont très anciens et que les deux partenaires travaillent sur la complémentarité des matériaux. "Arkema est un chimiste et Hydro-Québec est capable de maîtriser le développement des batteries, sur la partie électrolyte (substance liquide assurant le transport ou la conduction de l'électricité, NDLR), avec la mise au point de nouveaux sels", résume Karim Zaghib.
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Florence Lambert et Karim Zaghib (photo J.-Ph. D.)
Des enjeux qui sont au centre de l'activité de SCE France, qui, à partir du 1er septembre 2015, va démarrer en tant que laboratoire en recherche et développement sur cette batterie du futur. La Région participe à hauteur de 3 M€ dans ce projet, appuyé non seulement par le CEA Tech, mais aussi par les chercheurs de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.
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SCE France va d'abord élaborer un modèle industriel de cette nouvelle batterie, qui, en plus de stocker de l'énergie à l'échelle du mégawatt, devra être capable de proposer un temps de rechargement des véhicules électriques de l'ordre de quatre à cinq minutes. Thierry Le Hénaff a bien souligné qu'ensuite le gouvernement devra s'assurer que l'industrialisation de cette nouvelle technologie puisse se faire en France, grâce à des aides ciblées. Ce qui devrait générer à terme des investissements de l'ordre de 500 M€, a pronostiqué Alain Rousset.
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