L’innovation d’Innoveox tombe à pic au Québec

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
[Modification le 01/11 à 21:19 : l'entreprise annonce s'être trompée dans le montant et la durée du contrat dans sa première communication. Il s'agit d'un contrat à 3 M€ sur 8 huit, et non 2 M€ sur 5 ans. L'article suivant est modifié en conséquence.]
Société innovante dans le traitement des déchets, Innoveox, à Paris et à Mérignac (Bordeaux Métropole), où se trouve son centre de recherche et développement et l'essentiel de ses 33 collaborateurs, annonce la signature à Chambly (Québec) d'un contrat sur huit ans avec la société québécoise Sorinco Inc.
Le groupe français est installé depuis un an au Canada et ce contrat devrait générer un chiffre d'affaires annuel de 4,3 M$ canadiens, soit 3 M€.
A la suite des nouvelles normes environnementales, qui proscrivent l'incinération des matières résiduelles, firmes et collectivités québécoises n'ont plus d'autre choix que d'expédier ces dernières par camions de l'autre côté de la frontière, aux Etats-Unis. Une procédure risquée, en cas d'accident, mais aussi coûteuse pour les producteurs de ces déchets.
Grâce au brevet qu'elle détient en exclusivité sur l'oxydation hydrothermale en milieu super critique (OHTS) à énergie positive, développée à Bordeaux, qui permet de transformer les déchets liquides (huiles, pesticides, solvants, peintures, etc.) en eau propre (non potable) et énergie, Innoveox apporte une solution d'autant plus intéressante que ses unités de traitement sont mobiles et s'installent chez les industriels.
La société Sorinco Inc., avec laquelle a contracté Innoveox, est un fournisseur global de services de tri, traitement et recyclage de matières premières et résiduelles liquides et solides, et représente 80 % du marché du traitement de la cosmétique du Québec. Innoveox va commencer par traiter des matières résiduelles principalement issues des secteurs de la pharmacie, de la cosmétique et de la chimie. Jean-Christophe Lépine observe qu'après le gouvernement du Québec, celui de l'Ontario devrait adopter des mesures similaires.
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Innoveox, coté en Bourse, a par ailleurs publié ses résultats semestriels 2015. Le virage commercial de la société, indispensable levier pour générer du chiffre d'affaires, est désormais bien entamé (avec les contrats signés à La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Canada...) mais le groupe français est dans une phase de transition où, tout en maintenant une partie de ses efforts en innovation, il doit investir dans le développement. Ce qui a été le cas au premier semestre avec l'installation de son unité industrielle à La Réunion, dont des problèmes d'autorisations administratives ont retardé la mise en route.
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En hausse par rapport au premier semestre 2014, le chiffre d'affaires semestriel, à 4.250 euros, est encore symbolique. Le déficit s'est nettement creusé, avec une perte semestrielle de 1,3 M€ contre - 0,9 M€ un an avant. Le succès en avril 2014 de sa levée de 14 M€ en bourse fournit à Innoveox les moyens de ses ambitions. Au 30 juin, Innoveox disposait ainsi d'une trésorerie nette de 4,8 M€. Les premières facturations générées par l'unité de La Réunion sont attendues début 2016 au plus tard.
Jean-Philippe Déjean
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