Europlasma veut gagner la bataille du gaz

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Depuis vendredi 26 août Europlasma, coté sur le marché boursier, connaît de violents accès de fièvre spéculative dont le titre a le secret. A 10 heures ce jeudi matin plus de 1 million de titres avaient déjà été échangés, pour plus de 5 % de hausse des actions. Signe que cette journée boursière du 1er septembre va être torride pour cette valeur issue des technologies vertes.
Le groupe, dont le siège se trouve à Morcenx (Landes) et la direction administrative à Pessac (Gironde), a mis la torche à plasma, issue de l'ingénierie spatiale, au centre de son activité. Grâce à la très haute température qu'elle délivre, cette torche permet en particulier de neutraliser définitivement les déchets d'amiante, qui entrent en fusion au contact du plasma un peu comme des métaux. Avec Cho Morcenx le groupe développe également une centrale qui va produire de l'électricité par gazéification de biomasse et de déchets organiques.
Il manquait jusque-là deux moteurs à gaz de plus pour permettre à Cho Morcenx de produire la quantité d'énergie renouvelable nécessaire à sa qualification technique définitive (final acceptance). Europlasma a annoncé hier mercredi, après la clôture des marchés, que ces moteurs étaient en route pour les Landes.
Ces deux moteurs de 2 MW (mégawatt) ont été spécifiquement conçus pour fonctionner à partir de gaz de synthèse et avaient été commandés par Europlasma en janvier 2016. Ils vont venir renforcer l'action des deux moteurs Caterpillar qui équipent la centrale. Cho Morcenx devrait redémarrer courant septembre.
Déjà vitale pour l'avenir du groupe, l'obtention de la qualification technique définitive de cette centrale a pris encore plus de poids depuis que l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a confirmé en juillet dernier l'octroi d'une avance remboursable de 12 M€ à Europlasma pour développer Cho Tiper, la jumelle de Cho Morcenx qui va être construite dans la communauté de communes de Thouars, dans les Deux-Sèvres (Poitou-Charentes), pour recycler en énergie les sous-produits d'activité économique et de biomasse issus de la communauté de communes, à hauteur de 45.000 tonnes par an selon le prévisionnel.
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Le groupe Europlasma annonce également que l'usine Inertam, qui neutralise les déchets d'amiante, va reprendre son activité au plus tard le 7 septembre. Le fonctionnement de l'usine était suspendu depuis le 1er juillet. Objectif : assurer des optimisations techniques du procédé de vitrification des déchets pour coller et même devancer les nouvelles réglementations en matière de sécurité. Inertam réalise une part importante du chiffre d'affaires d'Europlasma (14 M€ en 2015) et cet arrêt va forcément peser sur les comptes 2016.
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