Bio-imprimer des cheveux, le nouveau défi de Poietis et L'Oréal

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Poietis et L'Oréal portent peut-être un nouvel espoir pour tous les chauves et dégarnis qui déplorent leur situation capillaire. La startup de Pessac est spécialisée dans la bio-impression par laser et utilise une technologie novatrice, unique au monde, développée initialement à l'Inserm et à l'Université de Bordeaux. En résumé, la prometteuse jeune pousse "imprime" en 3D les constituants des cellules avec une résolution et une précision microscopiques. Elle conçoit et développe ainsi des tissus biologiques humains destinés à la recherche et à la médecine régénératrice, pour l'industrie pharmaceutique et cosmétique notamment qui cherchent à prouver l'innocuité et l'efficacité de leurs nouveaux produits. Cette fois, en partenariat avec L'Oréal, elle s'attaque au cheveu.
Plus précisément, les deux partenaires ont conclu une collaboration pluriannuelle exclusive de recherche. Cette dernière porte sur un sacré challenge : réussir à bio-imprimer un follicule pileux, le petit organe produisant le cheveu, avec une bio-imprimante.
Poietis comme L'Oréal restent prudents sur leurs chances de succès, évoquant "de réelles possibilités" de reproduire par bio-impression un follicule fonctionnel capable de produire du cheveu. L'objectif est "d'ouvrir de nouveaux champs dans la connaissance du cheveu et de disposer de tests d'efficacité exclusifs sur des échantillons de cheveu imprimés à partir de cellules". En clair, de mettre au point de nouveaux produits et de les tester plus facilement.
Bruno Brisson souligne que le follicule pileux est "un des organes les plus complexes à produire, plus qu'une oreille par exemple. L'Oréal nous a contacté car le groupe connaissait notre spécialisation sur la peau et il avait perçu que notre technologie a plusieurs avantages, dont celui de produire des tissus complexes."
Coté girondin, l'annonce est donc importante :
"Pour L'Oréal, la combinaison des expertises respectives laisse présager des prouesses jusqu'à présent jamais atteintes, dans le domaine du cheveu. Ce partenariat de recherche est très stimulant pour les équipes de recherche avancée", complète José Cotovio, directeur du département de développement de modèles et méthodes prédictifs de L'Oréal Recherche & Innovation, qui compte 3.870 chercheurs.
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On le comprend, cet accord ne vise pas à produire en masse des cheveux destinés à être réimplantés sur les crânes dégarnis.
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Rappelons que la startup a levé 2,5 M€ lors de son premier tour de table en décembre dernier. Dans l'immédiat, Poietis, qui emploie aujourd'hui 21 salariés à Pessac, poursuit avec son modèle économique mixte, appuyé sur les contrats de recherche mais aussi le développement d'un programme en propre de modèles de peau, qui devraient être commercialisés dès l'an prochain.
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