Europlasma attend son dernier moteur Jenbacher

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Le groupe Europlasma, à Morcenx (Landes), dont la direction administrative et commerciale se trouve à Pessac (Gironde), coté en Bourse, où il est un des titres les plus spéculatifs, et qui emploie près de 70 salariés, annonce la réussite, le 18 février (après un redémarrage de la centrale le 21 janvier), de la qualification du premier des deux moteurs additionnels à gaz. Testés sur banc par leur fabricant autrichien Jenbacher en août dernier ces moteurs d'une puissance de 2 MW ont été livrés à Morcenx en septembre et devaient être techniquement qualifiés avant la fin de l'année 2016.
En décembre la direction d'Europlasma annonçait un report de cette qualification à janvier 2017. Il aura fallu plusieurs semaines pour régler le premier moteur en lui permettant d'atteindre sa puissance minimale garantie, à 1,5 MWe, et la question est de savoir si ce sera aussi long pour le second.
Cet optimisme vient du fait que le second moteur Jenbacher est absolument identique au premier. La production d'électricité à partir de la gazéification est un procédé très complexe car il faut en particulier contrôler la température du gaz de synthèse produit par la combustion des déchets solides et celle de la biomasse, qui va faire tourner les turbines. Lancé en 2012, moyennant une première tranche d'investissement de 42 M€, Cho Power a déjà failli entrainer l'effondrement du groupe Europlasma (destruction de déchets dangereux, énergie renouvelable...) à cause de l'énorme quantité de capitaux que dévore la mise au point de ce prototype grandeur nature.
Depuis l'origine la centrale, qui doit à terme produire 11 MWe d'électricité à partir de 55.000 tonnes de déchets et biomasse, est équipée de deux moteurs Caterpillar et il a fallu des mois avant que le besoin de deux moteurs additionnels s'impose comme une nécessité. Aujourd'hui le temps presse car le groupe, dont Jean-Eric Petit est le directeur général, a signé des contrats avec plusieurs collectivités territoriales, dont la communauté de communes de Thouars (Deux-Sèvres), où doit être construite la centrale Cho Tiper.
À lire également
Cho Tiper, à Thouars, doit permettre de traiter 45.000 tonnes de déchets par an, qui seront principalement collectés auprès des entreprises. D'autres projets sont prévus notamment en Bretagne. En 2015 le chiffre d'affaires d'Europlasma a atteint 14,1 M€ et depuis cet exercice le groupe a réussi à faire d'importantes levées de fonds.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Jean-Philippe Déjean
Olikrom propulse ses pigments intelligents dans l’aéronautique et la défense
Batteries implantables chez l'humain : Fineheart pilote un programme européen stratégique
Dans le laboratoire de Dionymer, rencontre avec les bactéries du bioplastique
Déserts médicaux : dans le bus qui part à la rencontre des patients isolés en Gironde