Lectra : Daniel Harari veut encore rester 10 ans aux commandes

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Difficile de trouver des éléments inquiétants dans le bilan d'activité de Lectra, qui emploie 1.600 salariés dans le monde, dont plus de 600 en Gironde, aux 2e trimestre et 1er semestre 2017. Le leader mondial de la découpe de matériaux souples (à lame ou à laser) pour la mode-habillement, l'automobile et l'ameublement, coté en Bourse, dont le siège se trouve à Paris, l'unité de recherche et développement et l'outil de production à Cestas (Gironde), où est né Lectra, affiche une fois de plus des indicateurs en vert intense.
Comparé à la même période en 2016 le chiffre d'affaires du 2e trimestre 2017 est ainsi en hausse de +7 %, à 69 M€, tandis que le résultat opérationnel gagne +8 %, à 9,1 M€, et le résultat net +13 %, à 6,2 M€... Pour essayer de se faire des cheveux blancs à la lecture des comptes il faut se concentrer sur l'évolution du cash flow libre (la trésorerie générée par l'activité) sur un an, qui passe de 3,3 M€ à 2,4 M€ entre les 1er trimestre 2016 et 2017.
"J'avais déjà été PDG de Lectra entre 1991 et 1998, avant que la société de capital-risque dirigée par André ne fusionne avec Lectra" rembobine Daniel Harari. Vue depuis le 1er semestre 2017, et sur un an, les bons résultats de Lectra sont encore plus évidents. Le chiffre d'affaires progresse ainsi de +8 % à 138,5 M€, le résultat opérationnel de +13 %, à 18,5 M€ et le résultat net de +20 %, à 12,7 M€ !
Ce déploiement du bouclier anti-missile américain Thaad, qui doit permettre à la Corée du sud de se protéger de la Corée du nord, ne plait visiblement pas aux Chinois.
"Cela vient d'entrainer un boycott des voitures sud-coréennes en Chine. Ces deux situations sont d'autant plus gênantes pour nous que l'Amérique du nord et l'Asie sont de grands marchés" analyse le PDG de Lectra.
La dynamique commerciale porteuse dans ces deux régions ne s'est pas pour autant éteinte.
Le PDG confirme que le groupe va continuer à investir lourdement dans la restructuration de son site de Cestas, soit plus de 10 M€ dans les mois qui viennent rien que pour les bâtiments, dont celui de la recherche et développement. Lectra aura embauché 47 salariés de plus en 2017 et prévoit de continuer sur cette tendance en 2018.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Avec le départ d'André Harari qui, à 73 ans, a décidé de prendre sa retraite en juin dernier en se délestant des 16,6 % de capital qu'il détenait, soit un peu plus de 5 millions de titres, dans le cadre d'un placement accéléré auprès d'investisseurs institutionnels, la cote des actions Lectra a légèrement baissé.
"Nous avons commandé une étude à la banque Lazard pour être sûr que cette opération boursière ne porterait atteinte ni aux actionnaires de Lectra ni à André" prévient le PDG, avant de préciser qu'au final son frère a subi une décote de 10 % pour vendre à 24 €.
À lire également
"Si on regarde bien, la valeur du titre Lectra a été multipliée par quatre entre 2012 et 2016, et la dernière décote n'affecte pas vraiment cette hausse. La partie flottante du capital, celle qui est cotée sur le marché, est passée avec le départ d'André de 63 % à plus de 80 %, mais il n'y a pas de quoi avoir peur. Lectra a toujours été opéable. Et je compte bien rester encore 10 ans à la tête du groupe, si j'ai la santé" conclut Daniel Harari, qui n'a pas repris le poste de PDG pour jouer les utilités.
Jean-Philippe Déjean
Olikrom propulse ses pigments intelligents dans l’aéronautique et la défense
Batteries implantables chez l'humain : Fineheart pilote un programme européen stratégique
Dans le laboratoire de Dionymer, rencontre avec les bactéries du bioplastique
Déserts médicaux : dans le bus qui part à la rencontre des patients isolés en Gironde