Biznext 2017 : comment Google se projette dans "l'ère de l'assistance"

Pierre Cheminade

Pierre Cheminade
"La France n'est que 16e en Europe en termes de maturité digitale mais c'est un pays qui accélère le mouvement et rattrape son retard", se réjouit François Loviton, directeur retail et e-commerce de Google France qui compte 700 salariés - bientôt 1.000 - dans le pays. Pour preuve le "mobile moment" - date à laquelle Internet est plus utilisé via des smartphones que via des ordinateurs de bureaux - n'est intervenu qu'en août 2017 en France contre 2015 au niveau mondial.
"Depuis la naissance de Google en 1998, la nature des requêtes effectuées sur le moteur de recherche a beaucoup évolué avec deux tendances très fortes : 'autour de moi' et 'comment faire'", témoigne François Loviton, avant de décrire les trois révolutions actuelles dans l'usage d'Internet. La première étant lié à l'usage désormais dominant du smartphone :
La seconde révolution est celle des objets connectés qui devraient se multiplier dans les années à venir. "On évalue à 30 le nombre d'objets connectés par foyer en 2022, contre cinq aujourd'hui", indique François Loviton. Enfin, la troisième révolution est celle de l'intelligence artificielle (IA), du deep learning, du machine learning.
Autant d'évolutions, qui selon Google, nous poussent vers "l'ère de l'assistance", dans laquelle nous serions entrés "il y a 18 mois environ". Plus concrètement, il s'agit de l'utilisation des dispositifs du type de Google Home. "Le contexte individuel de chaque utilisateur est essentiel au bon fonctionnement de ces assistants", précise d'entrée François Loviton. Ainsi, vos caractéristiques personnelles, votre environnement, le lieu où vous êtes ou ceux où vous avez l'habitude d'aller, vos recherches et achats passés, vos paramétrages en amont : tous ces éléments participent à la précision des réponses apportées par ces "assistants".
Ce sujet de l'usage des données personnelles est très sensible et François Loviton se veut rassurant :
Les réponses aux commandes vocales - qui pourraient représenter la moitié des requêtes en 2020 - posent le plus de problème aux ingénieurs de Google. "On apprend à identifier les bonnes réponses. Certaines sont simples à trouver et à sourcer, d'autres dépendront des paramétrages et, enfin, d'autres nécessiteront des réponses par écrit ou un processus de dialogue approfondi", décrypte le dirigeant.
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Quoi qu'il en soit, Google et ses concurrents tablent sur une vraie déferlante d'objets connectés dans les prochaines années. Assistants, smartphones, téléviseurs, ordinateurs, montres, écouteurs, voitures, vêtements... : les estimations évoquent jusqu'à 50 milliards d'objets connectés dans le monde dans les années qui viennent, à comparer aux 3 milliards de smartphones actuellement sur le marché mondial.
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"La vague de l'assistance sera d'une ampleur supérieure à celle du mobile. Les possibilités sont énormes mais il est impossible de prévoir à quel rythme ces nouveaux usages se déploieront", conclut François Loviton. En tous les cas, l'entreprise y travaille activement : Google a formé à l'usage de ses outils 150.000 PME et étudiants dans le pays et mène un tour de France pour présenter ses applications avec pour objectif d'avoir visité 100 villes d'ici fin 2018.
Pierre Cheminade