Drones : vers des tests de transports aériens en zone urbaine à Bordeaux ?

Pierre Cheminade

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PC / La Tribune

Pierre Cheminade

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Accepteriez-vous de recevoir vos colis livrés par des drones ou d'être vous-même transporté par un drone d'un bout à l'autre de l'agglomération bordelaise ? Et si vous refusez ces deux hypothèses, seriez-vous d'accord pour être survolés quotidiennement par des dizaines voire des centaines de drones ? C'est pour répondre à ces questions cruciales d'acceptabilité sociale des drones en zone urbaine qu'une lettre d'intention a été signée, ce jeudi 20 septembre à Cap Sciences, dans le cadre de l'initiative européenne "Mobilité urbaine aérienne" (UAM).
Par cette lettre d'intention, la Région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole se portent volontaires pour travailler sur la faisabilité de cette mobilité urbaine aérienne avec la Drac (direction régionale de l'aviation civile), Eurocontrol, l'organisme qui coordonne le trafic aérien au sein de l'Union européenne, et le programme européen EIP-SCC (partenariat européen d'innovation pour les villes et les territoires intelligents). Cela permettra de mobiliser tous les partenaires publics et privés de la filière drones : d'Airbus à Thales en passant par l'entreprise Dronisos, les clusters dédiés Aetos et Topos, le pôle de compétitivité du Sud-Ouest Aerospace Valley ou encore Bordeaux Technowest et Drone City.
S'il ne s'agit pour l'heure que d'un tout premier pas sans équipe dédiée, ni budget ni calendrier, l'objectif est bel et bien d'entrer dans le concret aussitôt que possible, notamment en menant des études sur la faisabilité réglementaire. "La mobilité aérienne est un objet industriel qui relève à la fois de la réalité et de la prospective", se réjouit Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui souhaite s'appuyer sur les initiatives qui fonctionnent déjà sur le terrain dans la région comme les ballets de drones opérés par Dronisos et le projet de livraison de colis par drone développé par Cdiscount avec Air Marine et La Poste. Et, à terme, l'objectif est bel et bien d'envisager le transport de personnes, qu'il s'agisse de touristes entre le paquebot et les vignobles, de patients entre deux centres hospitaliers ou, tout simplement, de Bordelais lambda.
"La mobilité est un problème quotidien dans la métropole et il faut donc y réfléchir tous azimuts que ce soit le vélo et le tramway, les trottinettes, les bus à haut niveau de service, les téléphériques mais aussi le transport aérien", abonde Alain Juppé, le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, qui confirme "le soutien politique et institutionnel" des deux collectivités à cette initiative menée par la Région au regard notamment de sa compétence de développement économique.
Pour les différents signataires, l'essor des drones en zone urbaine est désormais moins un enjeu technique que social :
Et l'ingénieur de préciser sa pensée : "En réalité, nous allons mener d'abord des travaux sur les villes et sur leurs habitants plutôt que sur la technologie et les drones. Il faudra raisonner à partir des besoins des gens et des services potentiels qu'on pourra leur proposer."
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En plus de l'acceptabilité sociale, les travaux menés dans l'agglomération bordelaise viseront aussi à explorer le champ réglementaire, notamment pour définir des standards au niveau européen, comme l'explique Philippe Merlo, le directeur de l'aviation civile européenne chez Eurocontrol :
Concrètement, les vols de drones devraient ainsi être limités à certains corridors tels qu'au-dessus de la Garonne, des voies ferrées ou des autoroutes. Une manière de limiter les accidents potentiels en cas de chute et de favoriser l'acceptabilité de ces nouveaux engins.
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Les signataires ont prévu de se rencontrer à nouveau en 2019 pour avancer. Et le temps presse face à la concurrence internationale, selon Philippe Merlo, d'Eurocontrol, qui rappelle "qu'aux Etats-Unis la FAA, l'agence fédérale d'administration de l'aviation civile, a mis sur pied une équipe de 60 personnes pour travailler à plein temps sur ces sujets".
Pierre Cheminade