Comment Comerso veut amener les industriels au zéro-gaspillage
Hélène Lerivrain

Comerso
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"L'objectif pour Comerso est de devenir le leader de la gestion globale des invendus." C'est le co-fondateur de la société, Rémi Gilbert, lui-même qui l'annonce. "Nous accompagnons des enseignes de la grande distribution dans la lutte contre le gaspillage depuis octobre 2013. Nous attaquons désormais les industriels", précise-t-il. A l'occasion du Salon international de l'alimentation qui se tient en ce moment à Paris, Comerso lance officiellement aujourd'hui une plateforme numérique BtoB qui met en relation les industriels avec les destockeurs. Son nom : C-Destock.
Concrètement, après avoir identifié leurs surplus de stocks, les industriels transmettent les informations aux équipes de C-Destock qui, une fois vérifiée la qualité de la marchandise, constituent des stocks homogènes qu'ils mettent en ligne. A l'issue de la vente, la livraison est assurée par des partenaires de la société dont le siège social est basé à Agen et qui dispose d'une équipe à Bordeaux, hébergée au Village by CA.
Comme dans le secteur de la grande distribution, Comerso est entrée en contact avec les industriels par la porte du don aux associations.
Comerso dispose déjà d'une vingtaine de clients parmi les industriels. "Des grands comptes", assure-t-il.
A la question de savoir si la lutte contre le gaspillage doit passer par le numérique, pour Comerso, la réponse est évidemment "oui". "Au-delà du bénéfice sociétal et environnemental, il s'agit de convaincre l'entreprise du bénéfice économique que représente la redistribution de produits invendus ou invendables. Pour cela, il faut fournir de la data, des statistiques, proposer des outils de traçabilité, de pilotage, de reporting."
L'impact économique est d'ailleurs important selon Comerso.
Dans la grande distribution, Comerso compte à ce jour 350 magasins clients. Elle livre plus de 400 associations.
La startup emploie actuellement 32 personnes auxquelles s'ajoutent les chauffeurs en insertion que la société fait travailler via un partenariat avec le réseau Envie. Elle envisage d'ici fin 2019, une vingtaine d'embauches pour atteindre la cinquantaine de salariés. L'objectif, pour le moment, est d'asseoir son modèle en France avant de se développer à l'international, en Europe du sud et en Angleterre en priorité.
Comerso, qui se rémunère en taxant la grande distribution et bientôt les industriels sur les marchandises collectées, assure avoir multiplié son chiffre d'affaires par 4 chaque année depuis la création de l'entreprise. Et dire que l'idée est née lors d'un trajet en covoiturage il y a 7 ans, date à laquelle les deux fondateurs se rencontraient pour la première fois. "Nous faisons partie des 70 entreprises à plus forte croissance en France", se réjouit aujourd'hui Rémi Gilbert. Comerso a été désignée lauréate de l'édition 2018 du Pass French Tech dans la catégorie "croissance du chiffre d'affaires".
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