A Bordeaux, LNC Therapeutics veut développer l’arme absolue contre l’obésité

Jean-Philippe Déjean

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J. Philippe Déjean

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LNC Therapeutics vient d'acquérir les droits d'exploitation exclusifs sur le brevet concernant la bactérie Christensenella déposé par l'université de Cornell, à Ithaca (Etat de New-York). Fondée en 2010 cette société bordelaise, qui ne réalise pas de chiffre d'affaires et brûle du cash pour développer ses innovations en biotechnologie est bien une startup. L'objectif de LNC Therapeutics, qui a levé 6,5 M€ l'an dernier, est clair : mettre au point l'arme ultime pour en finir avec l'obésité et les maladies cardiométaboliques associées, comme certaines formes de diabète, et réduire ainsi les risques de défaillances cardiovasculaires.
Pas question pour autant de faire appel à la chimie. LNC Therapeutics veut canaliser une force naturelle pour enrayer la mécanique physiologique de l'obésité. Cette arme biologique c'est la bactérie Christensenella, qui vit dans le gigantesque écosystème de plusieurs milliards de micro-organismes formé par notre flore intestinale, aujourd'hui rebaptisée microbiome. Christensenella englobe une famille de bactéries découverte depuis peu et dont le rôle dans le fonctionnement de notre microbiome est considéré comme déterminant.
LNC Therapeutics, qui a déjà travaillé sur cette famille de bactéries, complète avec l'acquisition de cette licence exclusive sa panoplie en droits de propriété.
"Pour avoir la liberté d'exploitation d'un candidat médicament nous devons contrôler son principe actif, sa formulation et enfin la façon de l'administrer au patient. Le fait d'avoir pu négocier des droits exclusifs sur la bactérie Christensenella avec ceux qui l'ont découverte va bloquer nos concurrents", décrypte Georges Rawadi.
Mais développer un candidat médicament biotechnologique destiné à lutter contre l'obésité n'est pas une mince affaire.
Par ailleurs, Georges Rawadi entend pousser les recherches sur Christensenella, l'étudier de près pour voir si elle ne pourrait pas aider à lutter contre d'autres pathologies. Et puis, au-delà de cette famille de bactéries au potentiel très prometteur, le directeur général veut aussi lancer de nouvelles recherches dans le microbiome pour voir s'il n'y aurait pas d'autres micro-organismes prometteurs. Pour parvenir à ses fins le patron opérationnel de LNC Therapeutics annonce qu'il va recruter une dizaine de chercheurs et de managers d'ici un an pour doubler son effectif actuel et ses moyens d'action.
"Nous allons arrêter de sous-traiter le travail de laboratoire et nous doter de nos paillasses. Il s'agit d'établir notre propre activité de recherche et développement. D'ici la fin de l'année prochaine, nous visons une levée de fonds à plusieurs dizaines de millions d'euros", éclaire le directeur général qui annonce le déménagement imminent de LNC Therapeutics, qui va quitter dans les jours qui viennent ses bureaux du cours Clémenceau pour s'installer dans un espace plus adapté au sein de la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux Gironde (CCIBG).
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La bactérie Christensenella étant issue du microbiome, le patron opérationnel de LNC Therapeutics espère par ailleurs raccourcir le délai d'obtention de l'AMM (autorisation de mise sur le marché) pour le ramener de la moyenne habituelle de 7-10 ans à 7 ans maximum. Son calcul repose sur le fait que la première phase de tests auprès des volontaires en bonne santé ne sera sans doute pas nécessaire. Cette phase initiale, destinée à établir l'innocuité d'un candidat médicament après les batteries d'essais sur les modèles animaux, pourrait être sautée étant donné que Christensenella n'a aucune chance d'être mauvaise pour l'homme s'avance Georges Rawadi.
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Sera-t-il entendu ? Dans tous les cas, le travail de LNC Therapeutics ne sera pas d'affronter directement ce long tunnel de vérifications nécessaires à l'obtention de l'AMM, mais d'aller jusqu'aux tout premiers tests pré-cliniques sur des volontaires. Etape qui devrait être atteinte par la startup dès 2020. Georges Rawadi vise par ailleurs une entrée en Bourse d'ici deux ou trois ans, puisque LNC Therapeutics dispose d'une douzaine de brevets qui le permettent. Le directeur général vient d'être d'ailleurs sélectionné au titre du programme européen de préparation aux introductions en Bourse pour les startups (programme TechShare) et va bénéficier d'une préparation à cette arrivée sur le marché boursier.
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