Autoconsommation collective : expérimentation concluante pour Gironde Habitat et Enedis

Pierre Cheminade

Gironde Habitat
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Réduire jusqu'à 30 % le montant de la facture d'électricité de chaque ménage grâce aux panneaux solaires installés sur le toit : c'est l'ambition de cette expérimentation d'autoconsommation collective menée conjointement à Bordeaux depuis décembre 2017 par Gironde Habitat, Enedis et Inelia. Si on est encore loin d'atteindre cet objectif ambitieux, les dix premiers mois de fonctionnement en conditions réelles s'avèrent concluants et prometteurs, selon les chiffres consultés par La Tribune.
Le test concerne la résidence HLM Les Souffleurs, un immeuble de 60 logements construits en 2014 à Bordeaux Belcier. 260 m2 de panneaux photovoltaïques, d'une puissance de 36kWc, y sont disposés sur le toit. L'idée étant de réinjecter l'électricité produite par les panneaux solaires dans la consommation des parties communes, d'abord, puis de chaque logement, ensuite.
"Aujourd'hui, on peut considérer que les obstacles techniques sont surmontés. Le dispositif fonctionne et l'énergie produite est suffisante. Il y a eu une production excédentaire tous les mois. Il faut désormais travailler sur la répartition des gains et le comportement des ménages", salue Jean-Philippe Dreuille, le directeur d'Enedis à Bordeaux Métropole. L'opérateur joue le rôle de tiers de confiance en mesurant les flux énergétiques en temps réel, via les compteurs Linky, et en assurant la répartition. "Pour nous, la démarche est clairement validée même si elle doit désormais être approfondie avec les locataires", confirme Fabienne Gonzalez, responsable de la gestion du patrimoine du bailleur social girondin.
La résidence Les Souffleurs, de Gironde Habitat, accueille 60 logements sociaux (crédits : Alban Gilbert - Bordeaux)
Concrètement, sur les dix premiers mois de l'année 2018, les panneaux solaires ont produit 37.000 kWh d'électricité dont 40 % ont été consommés par les parties communes et 60 % revendus à EDF pour alimenter le réseau global. L'expérimentation sur 2018 n'a en effet concerné que les parties communes ne permettant pas d'absorber toute l'énergie produite puisque l'électricité n'est pas stockée et doit être consommée en temps réel.
Car c'est bien évidemment le double objectif de la démarche : produire de l'énergie renouvelable et diminuer la facture des ménages. Il y a un an, Gironde Habitat et l'entreprise spécialisée évaluaient le gain potentiel entre 50 et 70 € par logement et par an quand le dispositif fonctionnera à plein avec les 60 ménages. "Les dix premiers mois de test nous confortent dans cette estimation à terme", assure Fabienne Gonzalez. Sachant que la dépense moyenne d'électricité d'un ménage français se situe autour de 800 euros par an dans un logement collectif à chauffage électrique comme c'est le cas dans cette résidence.
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Et pour cela il faut impérativement associer les locataires et les convaincre d'adhérer au dispositif. 16 ménages ont d'ores et déjà donné leur accord pour participer à l'autoconsommation collective en 2019. Une association loi 1901 réunissant Gironde Habitat et les locataires devrait être créée d'ici la fin décembre pour sécuriser les aspects juridiques et fixer les clefs de répartition entre parties communes et privatives. "Il y aura aussi un travail de pédagogie et d'accompagnement comportemental à mener auprès des locataires pour les inciter, par exemple, à lancer leur machine à laver ou lave-vaisselle en journée pour consommer le surplus en temps réel", précise Jean-Philippe Dreuille. Les partenaires y travaillent avec la chaire Reset (Réseaux électriques et société en transition) de l'Université de Bordeaux, financée par Enedis. Et si cette phase 2 s'avère également concluante, les 16 ménages pionniers devraient avoir une belle surprise début 2020 lors de la régularisation des charges 2019. La réduction de la facture pourrait être beaucoup plus importante que la vingtaine d'euros attendue sur la régularisation des charges 2018.
Parallèlement, une autre piste envisagée pour valoriser le surplus serait aussi de signer un contrat bilatéral avec le supermarché situé au rez-de-chaussée de l'immeuble pour lui revendre l'électricité en journée, mais cela attendra 2020.
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Enfin, au regard du succès de cette première phase de test, qui sert de laboratoire au niveau national, d'autres projets devraient voir le jour dans les mois et années qui viennent. Gironde Habitat envisage ainsi un outil d'autoconsommation collective pour un immeuble neuf à Parempuyre tandis qu'Enedis évoque "plusieurs dizaines de projets en phase d'étude en France".
Pierre Cheminade